Portraits et interviews de cinéastes

Samedi 17 octobre 2009 6 17 /10 /2009 10:56

Cary Fukunaga, réalisateur
Interview exclusive pour  LesNouveauxCinephiles.com

Cary Fukanaga est un jeune réalisateur américain, né en 1977 d'un père japonais et d'une mère suédoise. Il parle un Français irréprochable car il a fait une partie de ses études en France. Il était justement de retour en France il y a quelques semaines pour présenter Sin Nombre, son premier long métrage. Le film sort le 21 octobre

Quand on voit votre film, on est frappé par une certaine approche documentaire. Comment avez-vous procédé?
J'ai fait des études d'histoire et de sciences politique. J'ai fait des enquetes académiques ds le cadre de mes études. Je crois que j'ai commencé mon enquete comme ça. Je suis allé au Mexique après avoir fait des recherches sur internet. J'ai fait des entretiens avec des professeurs. J'ai parlé avec des chefs de sécurité pour avoir la permission d'aller dans des prisons et faire des entretiens avec des gangsters, quelques uns étaient toujours actifs dans les gangs. Je suis allé à la frontière du Guatemala, le couloir où les gens d'Amérique centrale passent.
J'ai fait des entretiens dans les auberges où les migrants restaient, tenues par des ONG. J'ai fait pas mal d'entretiens dans les gares de banlieue où les gens se regroupent avant de prendre le train. J'ai procédé de cette façon pendant 1 mois, en faisant de la recherche sur place et puis j'ai décidé de voyager un soir comme ça par hasard, j'ai voyagé à travers le Chiapas. Traverser le Chiapas en train prend à peu près 30h, en voiture ça en prend 5...
J'ai fait 2 longs voyages avec les migrants, avec une année d'intervalle. Les choses que j'ai vu dans le train, tous les détails, je les ai mis ds le scénario, ça m'a beaucoup aidé à visualiser le voyage : ressentir la fatigue, le danger, voir l'humour, la camaraderie à bord, les paysages, et tout ce qu'ils font pendant le voyage. Je suis allé au nord du Mexique aussi.
Et puis j'ai commencé à écrire, j'ai écris le scénario assez rapidement. J'ai continué à écrire pendant 2 ans...



Avec tout ça, vous auriez pu faire un documentaire...
Pour un documentaire, il faut enregistrer des choses, c'est beaucoup plus facile d'avoir un carnet, prendre des notes. Ainsin, j'ai  créé des scènes fictionnelles.
Ce n'est pas forcément plus vrai ou plus fidèle, mais c'est beaucoup plus facile à observer sans la caméra. La caméra change le comportement des gens, ils ne seraint pas à l'aise de la même façon.


Combien de temps avez-vous mis pour faire ce film?
Le film est lié à mon court métrage donc si on inclut le court au total...ça fait 4 ans et demi. J'ai terminé le film fin 2008. Je l'ai tourné en 6 semaines.


"Un film en espagnol sans vedette"


Comment avez-vous réussi à produire le film?
Le court métrage a aidé, le studio a pu voir mon travail, même si c'était un travail étudiant, c'était un travail tangible. Mais c'était difficile car c'était une histoire espagnole, sans vedette. Le défi était d'avoir un budget pas trop élevé et de limiter les risques. Le film est produit par Focus, un des derniers studios indépendants aux Etats-Unis.


On peut voir le nom Gael Garcia Bernal au générique... Vous pouvez-nous en dire un peu plus?
C'est le producteur exécutif du film. Il était comme un parrain. Il nous a permis d'avoir une légitimité de faire un film à la mexicaine. Gael Garcia Bernal et Diego Luna avaient un contrat avec Focus : quand focus a voulu faire le film au mexique, c'était important qu'on ait le soutien aussi d'une boite mexicaine pour donner un peu de légitimité au projet.



J'aimerais en savoir un peu plus sur ce court métrage, Victoria para Chino, qui vous a permis de passer au long...
J'ai fait une maitrise de cinéma à New York
. Mon projet de 2e année était un court métrage dont l'histoire était adaptée d'une histoire vraie. Et en faisant des recherches, j'ai découvert que le voyage à travers le Mexique était beaucoup plus dangereux que traverser la frontière du Mexique vers les Etats-Unis. Ca m'a surpris, je ne savais pas que les gens voyageaient sur les toits des trains. Je me suis dit que c'etait très cinématographique, que cette histoire avait beaucoup de valeur. Le court métrage a gagné des prix et m'a permis de faire le long.


"Mon 2e long métrage sera un conte de fée et une comédie musicale"


Vous avez un 2e long métrage en préparation?
Je suis en train d'écrire un conte de fée, je change un peu de terrain. Ce sera une comédie musciale avec une histoire d'amour tragique à la base. Le budget ne sera pas très élevé.


Vous avez vécu en France et vous avez prix à deauville... Cela vous a t-il touché particulièrement?
Ça m'a étonné car mes courts métrages n'étaient pas accepté dans les festivals en France! D'avoir un prix immédiatement pour un long métrage, c'est sympa. C'est important d'avoir des prix car ça aide à faire venir le public. C'est important car je veux que les gens viennent voir mon film.


Cette interview est pour un blog... Les lisez-vous, y êtes vous attentif?
J'essaye de ne pas lire parce que n'aime pas lire des choses négatives, meme si on a conscience de ces choses négatives. S'il y a des choses positives, ce n'est jamais fatiguant de les lire! Mais en fait, je n'essaye pas de lire de choses. J'essaye avant tout de penser au prochain film et ne pas faire attention aux critiques.


Avez vous un blog?
Non je n'ai pas le temps. Je n'ai meme pas le temps d'écrire à mes amis!




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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /2009 09:44
Coup de projecteur sur Vodkaster, un nouveau site internet qui ouvrira ses portes dans quelques semaines, mais dont on peut déjà découvrir l'esprit depuis plusieurs mois sur un blog : http://blog.vodkaster.com
David Honnorat, l'un des cofondateurs du site, s'est prété au jeu des questions-réponses pour nous faire découvrir ce site avant son lancement officiel.


LNC : A quand remonte l’origine du projet Vodkaster ? Quel a été le déclic et quelle est votre intention première avec ce site ?



Vodkaster :
Pour la petite histoire, certains d’entre nous s’adonnaient régulièrement dans un bar à un petit jeu cinéphile, du type blind test amélioré avec des scènes de films et des shots de vodka à la clé… Pour préparer les parties nous avions besoin d‘isoler des scènes courtes ce qui n’était pas toujours facile. C’est d’abord en réponse à ce besoin assez spécifique que nous avons eu l’idée de réaliser une sorte de Deezer avec des extraits de films.

Bien sûr l’idée s’est beaucoup étoffée au fur et à mesure de nos réflexions. Dans notre approche il y a toujours une forme d’érudition : permettre le partage de connaissances, mettre en évidence les liens entre les films, entre les scènes… Mais le véritable enjeu est de démocratiser la cinéphilie. Le terme même de cinéphilie est malheureusement devenu trop étroit, trop poussiéreux pour convenir à tous ceux qui aiment le cinéma aujourd’hui.

D’ailleurs, les fondateurs de Vodkaster ont ce point commun qu’ils sont tous des dingues de cinéma, tout en venant d’univers très différents (mais complémentaires) : les ayants droits du cinéma, l’ingénierie de services en ligne type VOD, et le web communautaire. Cette maîtrise des enjeux juridiques et technologiques liés aux nouvelles formes d’exploitation du cinéma était essentielle pour obtenir la confiance des ayants droit.


Sur le site, il est fait référence à l’idée de rapprocher le web et le cinéma… Considérez-vous qu’il y a du travail dans ce domaine ? Pour quelles raisons ?


Oui, clairement. Depuis l’avènement récent des plateformes de partage vidéo (Youtube et Dailymotion), le web est devenu un média audiovisuel à part entière au même titre que la télévision il y a 50 ans. Du coup, on a vu apparaître de nouvelles sociologies de consommation. Le magazine Wired a trouvé une belle formule pour en parler : « la snack-culture ». Format court, gratuit, ludique, viral… aujourd’hui c’est à peu près tout ce que le cinéma n’est pas. Le pari de Vodkaster c’est de proposer les outils qui font entrer le cinéma dans ces nouvelles pratiques, en plaçant l’internaute et le cinéphile au cœur de notre démarche.

Pour faire tout cela, et le faire légalement, il faut savoir innover... Par exemple, plutôt que de demander aux internautes d’uploader leurs extraits de films en vidéo (illégal, compliqué et long, pour une qualité souvent médiocre), nous avons développé une application très « user friendly » qui leur permet de sélectionner librement n’importe quel extrait n’importe où dans un film. Et nous avons négocié avec les producteurs et distributeurs de films les droits correspondants, ce qui leur permet d’y trouver leur intérêt tout en répondant au besoin des internautes de « prendre la main » sur les films et se les réapproprier, en quelque sorte. Le tout en garantissant une qualité de vidéo type HD, et des options comme l’affichage des sous-titres etc.


Vodkaster est pour l’heure un blog et sera bientôt un site à part entière. Quelles seront les différences entre ces deux sites (d’ailleurs le blog existera t-il toujours de manière indépendante ou bien sera t-il fondu dans le site ?) ?


Le blog a été créé pour deux raisons. Tout d’abord pour faire la promotion du service à venir (l’idée étant de faire exister, avant son lancement, l’esprit de Vodkaster). C’est l’occasion de parler de notre approche du cinéma et de commencer à populariser des pratiques autour des extraits de films (l’extrait du jour par exemple, ou des playlists thématiques comme pour les résultats du bac ou la mort de Michael Jackson…). Il s’agit aussi d‘aborder la manière dont le cinéma se vit sur le web (c’est l’idée des micro-critiques, du plan de métro du cinéma, de la carte des salles à découvrir…). L’idée est de bâtir un maximum de ponts entre le web et le cinéma.
D’autre part, et c’est très important, le blog permet d’être en contact avec d’autres passionnés de cinéma qui seront potentiellement des utilisateurs actifs de Vodkaster.


A quoi ressemblera Vodkaster dans sa version finale ? L’ouverture est-elle toujours fixée à septembre prochain ?


Oui, le lancement public est toujours prévu pour septembre, mais le site sera encore en beta et beaucoup d’améliorations, de nouvelles applications et quelques surprises seront mises en ligne au cours des premiers mois.

Dès son ouverture, vodkaster.com sera à la fois :
-    Une encyclopédie collaborative du cinéma à la Wikipédia (les internautes sélectionnent eux-mêmes les scènes à référencer, et toutes les informations autour de ces extraits sont éditables par les utilisateurs), mais surtout multimédia puisque des milliers de scènes viendront enrichir les fiches acteur, film, réalisateur etc.
-    Une plateforme de divertissement et de partage autour du cinéma : quiz, concours, batailles des répliques, playlists partageables,…

La raison d’être de Vodkaster, c’est de donner envie de cinéma. De mettre en appétit. Toutes les applications que nous développons et qui se fondent sur notre base de scènes de films, poursuivent cet objectif : divertir en donnant envie de voir, de revoir ou de découvrir des films. Vodkaster est donc aussi une plateforme de promotion des films.

Concernant le look enfin, voici quelques images de « teasing » (nous diffuserons une vidéo de présentation dans le courant du mois d’Aout) :


 

Vodkaster recense des dizaines et des dizaines de vidéos de films souvent rares. Où allez-vous chercher tout ça ? Numérisez-vous vous même ces extraits ?


Pour des raisons techniques et pratiques, les extraits visibles sur le blog proviennent pour le moment de YouTube. On ne les trouve pas forcément facilement, c’est vrai. Mais nous n’uploadons rien sur YouTube – pour d’évidentes raison légales – et pour le projet Vodkaster.com, nous avons fait le choix de bâtir notre propre base de d’extraits en négociant directement les droits, et encodant et en hébergeant les vidéos sur nos serveurs. C’est cette base de scènes absolument unique en son genre qui constitue la « matière première » de Vodkaster.


Vodkaster a bénéficié du soutien de l’Institut Télécom. En quoi consiste cette aide ?
Nous avons récemment décroché une bourse de cet Institut portant sur des innovations et développements technologiques. Notre société est par ailleurs incubée par l’école Télécom SudParis qui nous a beaucoup apporté.
Mais Vodkaster est également soutenue par Oseo et le CNC dans le cadre du programme RIAM, et est membre du consortium CinéCast (avec par exemple Allociné, la BNF, la Cinémathèque française et le Forum des Images) retenu dans le cadre de l’appel à projets gouvernemental FUI8.


Outre cet apport financier, comment fonctionne le site ? Avez-vous un modèle économique qui permette de couvrir vos frais, voire générer des revenus? J’ai lu que Vodkaster proposera de monétiser des vidéos : comment cela va-t-il fonctionner ?


Notre démarche est celle d’une start-up. En avril dernier nous avons finalisé une levée de fond qui nous permet de financer notre activité jusqu’à ce que nos revenus nous permettent d’atteindre l’équilibre.

Notre modèle économique est très diversifié et repose à la fois sur la publicité et sur un ensemble de services aux professionnels du cinéma comme au grand public.


Une offre d’emploi circulait pendant un temps pour votre site. Est-ce toujours d’actualité ? Peut être cherchez-vous des stagiaires également ? Si tel est le cas, n’hésitez pas à détailler vos recherches ici !

Comme toutes les entreprises, nous recrutons régulièrement des stagiaires…  Chez Vodkaster, nous recherchons avant tout des profils fortement « cinéphiles » (ou plutôt « cinéphages » qui est un terme moins joli mais peut-être aussi moins réducteur…).


Enfin une petite question plus anecdotique : pourquoi le nom de Vodkaster ?

L’anecdote du début explique en partie la référence à la Vodka. On voulait aussi que le nom soit facile à retenir, qu’il puisse fonctionner à l’international et qu’il évoque quelque chose de fun voire festif. Et puis il y a aussi le côté VOD que nous assumons, et les podcasts pour le côté cinéma et collection. Notre baseline « Take a movie shot » permet de rendre l’ensemble cohérent, non ? ;-)




Rendez-vous en septembre sur
www.vodkaster.com pour en savoir plus...


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Mercredi 10 septembre 2008 3 10 /09 /2008 12:17
Dans la jungle des sorties en salles de la semaine (pas moins de 16 films!), voilà un long métrage qui risque malheureusement de passer inaperçu: la dernière fantaisie du duo comique Abel & Gordon, Rumba. J'ai eu le plaisir de découvrir Fiona Gordon et Dominique Abel lors du Festival de Vendôme en 2006. Leurs courts métrages et leur premier long, L'Iceberg, étaient projetés et une de leurs pièces représentée. A cette occasion, je vous propose de découvrir le petit article que j'avais écrit pour le Quotidien du Festival auquel je collabore depuis 3 ans.


Drôles de rencontres


Abel & Gordon, duo comique clownesque et burlesque, crée l’événement cette année à Vendôme. Pour le 15e anniversaire du festival, le belge et la canadienne sont à l’honneur tout au long du festival avec une rétrospective de courts métrages, un long métrage et un spectacle LA DANSE DES POULES.

Comme dans leurs créations, tout commence par une rencontre. Pour Dominique Abel et Fiona Gordon, elle se passe au début des années 80 sur les bancs de l’école de théâtre Lecoq à Paris. Lui est belge ; elle est canadienne. Leurs études terminées, ils décident de former un duo. Ils s’installent à Bruxelles dans un endroit insolite qu’ils transforment en atelier : une ancienne fabrique de poussettes ! Cet endroit deviendra, comme un fait exprès, le berceau de leurs créations. Abel & Gordon enchaînent les projets, en commençant par le théâtre. Le duo crée et incarne les personnages de sept spectacles au total avec toujours l’objectif de « bâtir le rire » et créer une complicité en poussant le public à s’identifier. Surtout, le thème de la rencontre est omniprésent : « le point de départ de nos travaux, c’est toujours un homme et une femme sur une scène, qui développent des sentiments parfois de haine, mais le plus souvent d’amour », expliquent Dominique Abel.
LA DANSE DES POULES, présenté à Vendôme cette année, raconte l’histoire d’une rencontre amoureuse façon Roméo et Juliette où le fameux balcon de la déclaration est remplacé par une armoire et une échelle ! Il s’agit de leur 3e création théâtrale. Abel & Gordon en ont fait plus de 2000 représentations à travers le monde, notamment au festival off d’Avignon. « Chaque spectacle est différent », selon Dominique Abel. « Tout compte : les respirations, les silences, les rires dans la salle. On regarde beaucoup les gens et on recherche leur complicité pour provoquer le rire. On s’exprime surtout à travers le corps, la gestuelle ».
L’univers du duo s’inspire de grandes références du comique burlesque, de Buster Keaton à Charlie Chaplin, en passant par Jacques Tati. Il n’y avait donc qu’un pas à franchir entre le théâtre et le cinéma.
Abel & Gordon se lancent d’abord dans la réalisation de courts métrages dans les années 90. On y retrouve les ingrédients de leur succès transposés dans de petites fictions qui racontent le plus souvent le moment où un homme et une femme, que beaucoup de choses séparent, se trouvent. Dans MERCI CUPIDON, deux êtres solitaires se trouvent et s’aiment. ROSITA se passe dans une fête foraine, une voyante et son assistant tentent de faire face pour attirer la clientèle. Enfin WALKING ON THE WILD SIDE met en scène une grande rousse et un timide qui tombe instantanément amoureux.
Avec ICEBERG, le seul long métrage à ce jour de Dominique Abel et Fiona Gordon, on s’éloigne de la chaleur des sentiments pour gagner la froideur d’une chambre froide d’un fast food ! Fiona est manager d'un restaurant et se retrouve enfermée toute une nuit dans la chambre froide. Commence alors une réelle passion pour le froid et la glace. Fiona va se lancer en quête d’un iceberg qu’elle veut voir pour de vrai. Le film est sorti en 2005. Il a reçu un bon accueil en France, selon Dominique Abel. « Le public français est demandeur, plus qu’ailleurs, de ce genre de cinéma. Nous sommes d’ailleurs plus connu en France qu’en Belgique ! » Un duo comique à (re)découvrir donc cette année à Vendôme pour faire assurément une belle rencontre !

Article paru en décembre 2006 dans le Quotidien du Festival de Vendôme


Voici la bande-annonce de leur dernier film, présenté à Cannes cette année dans le cadre de la Semaine de la critique, Rumba:


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Lundi 17 mars 2008 1 17 /03 /2008 18:33
A l'occasion de la sortie de L'Eté indien d'Alain Raoust, redécouvrez cet interview d'un des rôles principaux du film, aux côtés de Déborah François

LA FRANCE, CAPITAINE ACHAB et L’ETE INDIEN… Serait-ce l'année Verdier? Coup de projecteur sur le parcours de cet acteur qui, à seulement 27 ans, a déjà 12 ans de carrière derrière lui !


Vous avez commencé le cinéma très jeune…
Oui, j’avais 16 ans lorsque j’ai tourné mon premier film. C’était le premier long métrage de Jean-Paul Civeyrac, NI D’EVE NI D’ADAM. C’est un truc qui m’est tombé dessus, c’est vraiment de la chance.
 J’ai toujours voulu être acteur étant petit et j’ai commencé à faire du théâtre jeune. Mais pour moi, c’était un peu un truc inaccessible. J’étais en seconde aux Lilas, en région parisienne, dans le 93, d’où je viens et où je vis encore. On est venu me voir et on m’a proposé de faire un casting. A partir du moment où j’ai fait ce film, ça a forcément été plus facile. J’ai aussi trouvé un agent.

C’était un « casting sauvage » ?
Oui, ils ne trouvaient pas le rôle pour le personnage principal de NI D’EVE NI D’ADAM. Ils allaient jusqu’à faire les sorties d’écoles pour caster des gens. C’était pour un rôle de petit voyou mais auquel on s’attache car il n’est pas si mauvais que ça ! L’histoire se passe dans la banlieue de Saint Etienne. C’est un film assez sombre et violent, mais pas dans les images.

Tout s’est enchainé facilement après ce tournage ?
Pas tellement. Cela fait un an et demi que je vis de mon métier. Auparavant, j’ai beaucoup travaillé avec les écoles de cinéma, les films de fin d’année à faire, des choses comme ça. Pour gagner ma vie,  j’ai du faire pas mal de boulots : j’ai été agent de sécurité, serveur, chauffeur-livreur, etc. A chaque fois, c’était des CDD assez courts. J’ai fait ça pendant 8 ans. Et puis, j’ai enchainé quelques tournages, L’ETE INDIEN, LA FRANCE, CAPITAINE ACHAB et GUILLAUME ET LES SORTILEGES. Ce film n’est sorti que sur Paris mais il est toujours à l’affiche actuellement. Tout ça m’a permis d’être intermittent, ce qui est un soulagement. Et depuis j’ai retourné dans des films qui vont sortir prochainement.

Quels sont ces projets ?
Un téléfilm pour France 2, LES VACANCES DE CLEMENT. Si je porte la moustache, c’est d’ailleurs  pour ce film. Il me reste encore un jour de tournage. Ce rôle est assez différent. Je joue le rôle principal, un père de deux enfants et je suis marié avec Laetitia Spigarelli, qui a joué dernièrement dans LA QUESTION HUMAINE de Nicolas Klotz. Ce film sera diffusé en mai 2008 sur France 2 pour les 40 ans de mai 68. Et j’ai des petits rôles pour le prochain film de Josiane Balasko, CLIENTE et celui de René Feret, UNE ETOILE DANS LA NUIT.

Vous aviez également un petit rôle dans HORS DE PRIX de Pierre Salvadori…
Oui, je jouais un serveur mais on voyait surtout mes mains ! En fait, je connais Pierre Salvadori car ses producteurs sont chez Pelléas , comme Jean-Paul Civeyrac. J’ai fait pas mal de figuration dans des films de Salvadori, par exemple dans COMME ELLE RESPIRE et APRES VOUS. On me voit dans le fond. Mais j’aimerais beaucoup tourner avec lui.  A chaque fois, il me dit qu’il faudrait que je te donne un rôle plus parlant ! Je suis tout à fait ouvert à cette proposition !

On a vraiment l’impression à voir votre parcours que vous appartenez à un petit cercle de réalisateurs qui se connaissent…
Alain Raoust, Philippe Ramos et Serge Bozon sont tous des gens que j’ai rencontré par le biais de Jean-Paul Civeyrac. C’est vraiment lui qui m’a initié. Tous ces réalisateurs que j’ai cité ont un énorme amour du cinéma. Ils ont envie de faire des nouvelles choses, intéressantes et intelligentes.

Y a-t-il un rôle que vous rêvez d’incarner ?
Je suis un grand fan de films d’horreur en fait. Mon rêve serait d’ailleurs de jouer et de réaliser un film d’horreur. Avec  le physique que j’ai, je pourrai par exemple jouer Dracula ou alors un serial killer, genre Hannibal Lecter. En tous cas, j’aime bien changer de tête, Ca me plait qu’on ne me reconnaisse pas d’un film à l’autre.
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Samedi 27 octobre 2007 6 27 /10 /2007 19:19
IMG-0513.JPG Avis aux amateurs de courts métrages! Saviez-vous qu'une émission y était exclusivement consacrée sur la web TV, La Télé Libre? Cette interview inédite est l'occasion d'en savoir un peu plus sur cette émission, Libres Courts. Elle est accessible gratuitement quand on veut comme on veut sur www.latelelibre.fr... Parlez en autour de vous!
A l'occasion du 8e numéro (accessible ici), son concepteur et présentateur nous accorde une interview.


Comment cette émission a t-elle vu le jour sur La Télé Libre? Avez-vous été sollicité? Avez-vous présenté le projet qui a été accepté? 

J'avais entendu dire qu'une Web TV était en train de se créer sous l'impulsion de John Paul Lepers, journaliste connu pour son impertinence et ses reportages très engagés et incisifs. Il s'agirait d'une télé citoyenne, qui se baserait à la fois sur des reportages réalisés par l'équipe fondatrice et des contributions extérieures de journalistes et personnes lambda. J'ai eu l'occasion de rencontrer un des instigateurs du site lors d'un débat et j'ai pris son contact. Au mois de janvier 2007, la Télé Libre voyait le jour et je me suis rendu à la grande soirée de lancement avec mon projet sous le bras. J'avais depuis longtemps l'envie de proposer le concept d'une émission de courts-métrages et j'ai senti très vite qu'elle pourrait trouver sa place sur ce nouveau média. J'ai rencontré un des cadres de la structure, lui ai présenté mon projet et il m'a dit "banco". La seule condition étant que je me débrouille tout seul à trouver les courts, à tourner et à monter. En résumé, comme tout est basé sur du travail bénévole, chacun s'occupe de son concept, avec malgré tout la possibilité de les appeler à l'aide s'il y a un problème. J'ai tourné ma première émission en mars et elle a été publiée an avril. L'aventure de Libres Courts a commencé comme cela.
 
Pouvez-vous me dire quelques mots sur votre parcours? J'ai vu sur Internet par exemple que vous participiez depuis plusieurs années à une association de courts métrages, Fricero Films.
Je suis journaliste de métier, rédacteur pour un magazine sur la création d'entreprise. Mais le cinéma est plus qu'une passion depuis mon adolescence. Je suis originaire de la région niçoise où depuis l'âge de 14 ans, je participe à des courts-métrages avec trois amis d'enfance, dont un réalise depuis l'âge de huit ans. Nous nous sommes toujours suivis et en
grandissant, à force de tourner des films qui, si on les regardait aujourd'hui, seraient ridiculement nuls, nous avons décidés de créer un collectif qui a emprunté le nom de famille du réalisateur : Fricero Films. Nos courts-métrages sont devenus de plus en plus professionnels, nous avons eu de plus en plus de moyens, et nous avons décidés en 2004 d'officialiser tout cela en association loi 1901. Emmanuel Fricero, réalisateur de métier, en est le président, son frère est spécialisé dans le graphisme, le design et la création web, le troisième fait office de régisseur général et je suis chargé des relations presse, de la communication, en plus d'activités de scénariste et de rédaction pour notre site Web. Quand je suis venu sur Paris pour terminer mes études de journalisme il y a trois ans, j'avais toujours dans l'esprit de faire une émission sur le film court car je baigne dedans depuis bientôt dix ans.
 
Votre liberté est-elle totale pour réaliser cette émission (choix des films, des reportages, lieux de tournages, moyens financiers, etc.)? 

Non seulement ma liberté est totale mais j'ai une totale confiance de la part de La Télé Libre. Je suis complétement indépendant et c'est aussi pour cela que je me suis tourné vers eux. Le concept d'une télé dite "libre" induisait que j'allais pouvoir présenter les films que je voulais, tourner où je voulais, etc. La contrepartie de cela c'est que je suis aussi seul pour produire l'émission, je sollicite le réalisateur de mon association quand je suis sur Nice pour cadrer et quand je suis à Paris, La Télé Libre me met un caméraman à disposition. Je me débrouille pour trouver les lieux de tournage, organiser la venue des réalisateurs pour les interviews, trouver les films et me les faire envoyer... Mais c'est cela aussi qui m'interesse : un rapport direct avec des jeunes réalisateurs qui ont, tout comme nous avons pu le vivre avec notre association, des difficultés pour se faire connaître. Là, je suis près d'eux, je les connais et je laisse leur talent s'exprimer quel que soit le genre du court. J'ai d'ailleurs le souvenir d'un film qui avait choqué pour la troisième émission de Libres Courts. Il s'agissait de "Accroc" qui traitait du cannibalisme et qui montrait des images très crues d'un homme mangeant le mollet d'une femme. Un court d'horreur très trash mais qui méritait d'être montré pour la performance vu que tout était très bien fait, le scénario tient la route et les effets spéciaux sont très travaillés. Cela a provoqué un tollé chez les internautes mais à La Télé Libre, ils se sont contentés de me dire qu'ils n'avaient pas adhéré. Rien de plus. Je suis libre et si je ne l'étais pas, je pense que j'arrêterai.
 
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Comment pensez-vous que Libres courts se distingue d'autres émissions sur les courts métrages? Quelle est sa particularité selon vous? 
D'abord, il s'agit tout simplement de la seule et unique émission de diffusion de court-métrage actuellement sur Internet. En cela, elle est inédite. Aucun site ne propose un programme construit, présenté, avec des interviews, sur des décors différents chaque mois, etc. J'ai par ailleurs à coeur de proposer de l'humain dans cette émission : il ne s'agit pas que de présenter des films, il s'agit aussi  de présenter son réalisateur pour savoir pourquoi il l'a réalisé, avec quels moyens, quel message il a voulu faire passer. Je ne l'ai pas fait à chaque émission mais j'essaye le plus possible de ne pas être seul à présenter comme un Jean-Pierre Foucaut du cinéma. Je veux mettre en lumière les jeunes réalisateurs, moi je n'existe pas. Ensuite, sa deuxième particularité réside dans la nouvelle formule que je vais lancer pour la 8e édition : après chaque court-métrage, je vais débattre avec le réalisateur et des invités (institutionnels, journalistes, citoyens lambda) sur le thème du film. J'ai voulu faire évoluer la chose en proposant une discussion, provoquer la polémique, permettre un échange d'idées. Cela, aucune émission de courts, même sur les chaînes hertziennes ou du câble, ne le fait.
 
Regardez-vous régulièrement des émissions de courts métrages à la télé? Quelle est celle qui vous intéresse le plus?

Malheureusement je n'ai pas le câble et je suis peu au rendez-vous des émissions sur les chaînes principales. D'autant que ça ne m'interesse que peu : la plupart présentent des films financés par des boîtes de production, très léchés, tournés en pellicule ou en HD, avec des comédiens connus... Moi je m'attache à ceux qui réalisent avec trois bouts de ficelles, qui se débrouillent pour trouver l'argent, les comédiens... Même si ce n'est pas parfait, le principal est que le film m'ait touché et que ça ne soit pas amateur. Je veux sortir du système du cinéma/argent pour donner la parole et une visibilité à ceux qui ne proposent que leur talent et leur passion. Les autres émissions, mise à part "Les films fait à la maison" sur Canal Plus, sont à mon goût trop formelles. 
 
Dans le dernier numéro de L.C., vous évoquez l'élaboration d'une nouvelle formule? En quoi consistera t-elle? 
Comme je le disais précédemment, il s'agira de se concentrer sur un court-métrage, ou deux s'ils sont vraiment très courts, et de débattre du thème du film juste après. Pour la 8e édition par exemple, je présente un court-métrage choc sur la domination masculine sur la femme. Nous allons en parler avec quatre invités et voir si cela correspond à une réalité, ce qu'il est possible de faire, etc. L'échange d'idées est quelque chose d'important pour moi. On ne changera pas le monde en donnant des avis sur des thèmes de société mais on peut au moins essayer de lancer un débat. J'ai voulu sortir du schéma classique des émissions de courts avec une présentation/une diffusion et innover. Les prochaines éditions se baseront autour du problème de la surdité dans la société, l'image médiatique des banlieues, les maltraitances de prisonniers comme à Abou Graib... Et à chaque fois, nous en parleront.
 
Avez-vous pour projet de vous déplacer sur d'autres festivals prochainement?
J'essaye de me déplacer en festivals de temps en temps mais s'ils ne sont pas sur Paris, je ne peux pas trop me déplacer et faire venir un cadreur à mes frais. Mais j'aime beaucoup ce genre de manifestations, elles sont propices aux discussions. Mais Libres Courts marche plutôt bien et je reçois toutes les semaines au moins un court-métrage de la part d'internautes. J'ai donc un réservoir de talents que je peux exploiter sans aller en festival.
Mais j'aime cette ambiance et pourquoi pas organiser dans l'avenir un grand débat au sein même d'une de ces manifestations. Ca y est, vous venez de me donner une idée ...

www.latelelibre.fr

www.myspace.com/librescourts
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /2007 13:03
en association avec www.imedias.biz

Depuis ses débuts, ce site s'attache à parler de cinéma et de sa médiatisation. Après Isabelle Giordano, j'ai eu le plaisir d'interviewer Daniela Lumbroso qui fait son come-back en prime-time demain soir sur France 2. Elle a accepté de parler de sa participation à Comme au cinéma.

Comment expliquez-vous que l’on vous ai beaucoup moins vue depuis quelques temps ?
Il y a eu plusieurs choses. D’abord, il y a eu une volonté de France 2 -avec une nouvelle équipe- d’installer de nouvelles émissions. Et donc il fallait forcément faire un peu de place dans les émissions existantes et donc c’est tombé sur moi ! Ensuite, j’ai eu envie de me concentrer sur mes productions avec la boite de production que j’ai crée il y a 2 ans, Degel Prod. Et puis, il y a un effet à retardement car j’apparais maintenant comme si j’avais vraiment disparu pendant 6 mois alors que mes contrats sont signés depuis longtemps ! Je travaille depuis le mois de septembre sur des émissions qui vont apparaître maintenant à l’antenne. Donc tout se passe bien !

Vous dîtes « c’est tombé sur moi ». France 2 vous a délibérément mise à l’écart ?
C’est un peu l’inverse en fait ! D’après ce qui m’a été dit, ce n’était pas du tout dirigé contre moi. Il y a des gens qui ont vu leurs émissions supprimées comme Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel pour des raisons qui leur étaient propres ; moi, on m’a dit que c’était plus une envie de nouveauté, mais qu’on réfléchissait en même temps à ce qu’on allait faire ensemble.

Avant de créer votre boite de production, vous aviez connu certaines difficultés vis-à-vis de France 2. Je pense en particulier à Comme au cinéma où vous vous êtes sentie à l’étroit en terme de ligne éditoriale.
C’est exactement ça. J’ai passé 7 ans sur LCI où j’étais rédactrice en chef et je dirigeais le contenu de mes émissions. Quand je suis passée sur France 2, je suis devenue animatrice et donc ce n’était pas moi qui choisissait ce qu’il y avait dans l’émission. J’ai travaillé longtemps avec des producteurs avec lesquels j’étais en harmonie, mais quand on se retrouve tout d’un coup embringuée, comme c’était le cas effectivement avec le cinéma, dans une émission où finalement on n’est pas du tout en accord éditorialement parlant avec le contenu de l’émission, c’est très difficile de la présenter et de la défendre. Avec ma boite de production, je voulais pouvoir apporter mes propres idées, mes propres envies dans les émissions que je présente. La Fête de la chanson française, par exemple, c’est exactement l’émission dont je rêvais et que j’avais envie moi-même de voir en tant que spectatrice.

Avec le recul, y a-t-il certains projets que vous avez accepté que vous regrettez  à présent ? Comme au cinéma par exemple ?
C’est vrai que le cinéma, c’était une erreur dans la mesure où il n’y avait pas de latitude et que le contenu du projet n’était pas bon. En même temps, le thème me plaisait, mais je ne pouvais pas imaginer que ça se passerait comme ça. Je ne regrette pas ; il fallait le tenter. Mais non, il n’y a pas d’émission que je regrette vraiment, dont je ne sois pas fière. Je revoyais récemment des émissions de Y’a un début à tout. Je trouve vraiment qu’on a été copié par énormément de talk-shows. On a été assez précurseur en fait. La même chose pour Les coulisses du pouvoir qui avait vraiment des reportages de bonne qualité. Je trouve qu’au contraire -que ce soit avec mes productions ou avec d’autres producteurs-, on a toujours été plutôt dans les émissions qui ont lancé des tendances.

Quelles sont vos envies actuellement ? Plutôt vers le divertissement comme avec La Fête de la chanson française ?
C’est toujours la même chose. Je fais à la fois du divertissement et beaucoup de culture. C’est vrai que je suis peut être une intello, mais une intello qui a des émotions, des frissons en entendant de la musique et je vois pas en quoi c’est contradictoire. Je fais du divertissement car c’est encore quelque chose que j’aime. En même temps, je sors un livre par exemple, qui est une biographie de Françoise Dolto. C’est un personnage qui m’a passionnée et c’est quelqu’un de très libre. Pour moi, c’est tout à fait complémentaire.

Vous avez donc besoin de cette complémentarité ?
Ca fait maintenant 15 ans que je fais ça, que je fais de la télé. Je crois qu’on ne peut pas tricher. On fait des choses qui nous ressemblent. C’est différent quand on débute. J’ai commencé en présentant un jeu qui s’appelait Question de charme, alors que je n’étais pas téléspectatrice de jeux. Donc je ne l’ai fait qu’une seule fois. Au début, on peut faire un peu semblant. Après, on ne peut plus. Ce que j’ai fait depuis maintenant 14 ans, ce ne sont que des choses qui font partie de moi.

Les projets avec votre boite de production vont donc refléter cette complémentarité ? Qu’avez-vous en préparation ?
J’ai encore des projets pour des émissions de variété sur France 2. J’ai un projet d’un magazine pour France 2 sur la nutrition car c’est un sujet qui m’intéressait énormément depuis quelques années. J’ai aussi un projet en production pour une autre chaîne d’un magazine, plus du côté culture, sur le slam. Ce mélange de poésie et de rap est quelque chose que j’aime musicalement avec en même temps un contenu fort. On a d’autres projets encore, comme des documentaires.

Vous avez produit La Fête de la chanson française. Elle a la particularité de réunir beaucoup d’artistes et d’horizons très divers, de Charles Aznavour à Grand Corps Malade, en passant par Olivia Ruiz et Philippe Katerine. A-t-il été difficile de former ce plateau d’invités ?
J’ai la chance que ça soit la 3e édition donc les artistes et les maisons de disque connaissent maintenant l’émission. Je crois qu’ils ont vraiment envie d’en faire partie parce que c’est l’histoire du siècle à travers les chansons qui ont marqué nos mémoires. On a travaillé longtemps pour cette émission, au niveau de la lumière, de la salle notamment. Il y a 5000 personnes au total ; nous avons enregistré au Zénith de Paris. Les artistes ont l’impression de faire leur vrai métier, de chanter en public. Et le concept, de remonter le siècle en 4 heures, permet d’avoir une telle variété. D’habitude, on a soit les émissions branchées type Taratata, soit une émission de prime de samedi soir avec des valeurs sures ; là ça permet de faire les deux.

D’où vient cette idée de livre sur Françoise Dolto ?
Ma démarche a été de me concentrer exclusivement sur sa vie, pas du tout sur son oeuvre. Ce n’est pas un livre de psychanalyse. En revanche, c’est un livre sur quelqu’un qui s’est passionné pour l’être humain. Cette femme a traversé le siècle ; elle a eu très tôt la révélation de ce qu’elle voulait faire. Le livre s’appelle Françoise Dolto, la vie d’une femme libre. C’est à cette liberté que je me suis intéressée et à cette femme.

C’est votre 2e livre. En avez-vous d’autres en tête ?
J’aimerais bien écrire un roman. J’avais eu un projet que je n’ai pas mené encore, mais que je voudrais reprendre. Ce serait l’histoire de trois copines !

En dehors de la télé et de la littérature, avez-vous d’autres envies ? Internet par exemple ? Vous venez de créer votre site officiel ?
Oui, je me suis battue pour avoir un vrai site officiel, dont j’étais à l’initiative.
Je veux qu’on y trouve des choses inédites, comme une rubrique avec des vidéos. Elles seront prises avec mon portable au jour le jour et ça m’accompagnera dans ce que je fais. Internet m’intéresse énormément, tout comme la radio. C’est là que j’ai commencé d’ailleurs, à France Inter. J’aimerais bien en faire de nouveau. Il y a une décontraction qui y est très agréable. Il y a vraiment un message qui passe sans les fioritures autour. C’est très très direct.

Depuis votre « retour » et aussi la création de ce site Internet, on sent en vous une forte envie de communiquer ?
Oui. Je pense que l’année dernière il y a beaucoup de choses qui ont circulé et qui ne sont vraiment pas la réalité sur ce qui me concerne. J’ai envie d’avoir une relation plus directe avec les téléspectateurs.
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Vendredi 26 janvier 2007 5 26 /01 /2007 09:22

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Depuis ses débuts, ce site s'attache à parler de cinéma et de sa médiatisation. Après Isabelle Giordano, j'ai eu le plaisir d'interviewer Daniela Lumbroso qui fait son come-back en prime-time demain soir sur France 2. Elle a accepté de parler de sa participation à Comme au cinéma.

Comment expliquez-vous que l’on vous ai beaucoup moins vue depuis quelques temps ?
Il y a eu plusieurs choses. D’abord, il y a eu une volonté de France 2 -avec une nouvelle équipe- d’installer de nouvelles émissions. Et donc il fallait forcément faire un peu de place dans les émissions existantes et donc c’est tombé sur moi ! Ensuite, j’ai eu envie de me concentrer sur mes productions avec la boite de production que j’ai crée il y a 2 ans, Degel Prod. Et puis, il y a un effet à retardement car j’apparais maintenant comme si j’avais vraiment disparu pendant 6 mois alors que mes contrats sont signés depuis longtemps ! Je travaille depuis le mois de septembre sur des émissions qui vont apparaître maintenant à l’antenne. Donc tout se passe bien !

Vous dîtes « c’est tombé sur moi ». France 2 vous a délibérément mise à l’écart ?
C’est un peu l’inverse en fait ! D’après ce qui m’a été dit, ce n’était pas du tout dirigé contre moi. Il y a des gens qui ont vu leurs émissions supprimées comme Thierry Ardisson, Marc-Olivier Fogiel pour des raisons qui leur étaient propres ; moi, on m’a dit que c’était plus une envie de nouveauté, mais qu’on réfléchissait en même temps à ce qu’on allait faire ensemble.

Avant de créer votre boite de production, vous aviez connu certaines difficultés vis-à-vis de France 2. Je pense en particulier à Comme au cinéma où vous vous êtes sentie à l’étroit en terme de ligne éditoriale.
C’est exactement ça. J’ai passé 7 ans sur LCI où j’étais rédactrice en chef et je dirigeais le contenu de mes émissions. Quand je suis passée sur France 2, je suis devenue animatrice et donc ce n’était pas moi qui choisissait ce qu’il y avait dans l’émission. J’ai travaillé longtemps avec des producteurs avec lesquels j’étais en harmonie, mais quand on se retrouve tout d’un coup embringuée, comme c’était le cas effectivement avec le cinéma, dans une émission où finalement on n’est pas du tout en accord éditorialement parlant avec le contenu de l’émission, c’est très difficile de la présenter et de la défendre. Avec ma boite de production, je voulais pouvoir apporter mes propres idées, mes propres envies dans les émissions que je présente. La Fête de la chanson française, par exemple, c’est exactement l’émission dont je rêvais et que j’avais envie moi-même de voir en tant que spectatrice.

Avec le recul, y a-t-il certains projets que vous avez accepté que vous regrettez  à présent ? Comme au cinéma par exemple ?
C’est vrai que le cinéma, c’était une erreur dans la mesure où il n’y avait pas de latitude et que le contenu du projet n’était pas bon. En même temps, le thème me plaisait, mais je ne pouvais pas imaginer que ça se passerait comme ça. Je ne regrette pas ; il fallait le tenter. Mais non, il n’y a pas d’émission que je regrette vraiment, dont je ne sois pas fière. Je revoyais récemment des émissions de Y’a un début à tout. Je trouve vraiment qu’on a été copié par énormément de talk-shows. On a été assez précurseur en fait. La même chose pour Les coulisses du pouvoir qui avait vraiment des reportages de bonne qualité. Je trouve qu’au contraire -que ce soit avec mes productions ou avec d’autres producteurs-, on a toujours été plutôt dans les émissions qui ont lancé des tendances.

Quelles sont vos envies actuellement ? Plutôt vers le divertissement comme avec La Fête de la chanson française ?
C’est toujours la même chose. Je fais à la fois du divertissement et beaucoup de culture. C’est vrai que je suis peut être une intello, mais une intello qui a des émotions, des frissons en entendant de la musique et je vois pas en quoi c’est contradictoire. Je fais du divertissement car c’est encore quelque chose que j’aime. En même temps, je sors un livre par exemple, qui est une biographie de Françoise Dolto. C’est un personnage qui m’a passionnée et c’est quelqu’un de très libre. Pour moi, c’est tout à fait complémentaire.

Vous avez donc besoin de cette complémentarité ?
Ca fait maintenant 15 ans que je fais ça, que je fais de la télé. Je crois qu’on ne peut pas tricher. On fait des choses qui nous ressemblent. C’est différent quand on débute. J’ai commencé en présentant un jeu qui s’appelait Question de charme, alors que je n’étais pas téléspectatrice de jeux. Donc je ne l’ai fait qu’une seule fois. Au début, on peut faire un peu semblant. Après, on ne peut plus. Ce que j’ai fait depuis maintenant 14 ans, ce ne sont que des choses qui font partie de moi.

Les projets avec votre boite de production vont donc refléter cette complémentarité ? Qu’avez-vous en préparation ?
J’ai encore des projets pour des émissions de variété sur France 2. J’ai un projet d’un magazine pour France 2 sur la nutrition car c’est un sujet qui m’intéressait énormément depuis quelques années. J’ai aussi un projet en production pour une autre chaîne d’un magazine, plus du côté culture, sur le slam. Ce mélange de poésie et de rap est quelque chose que j’aime musicalement avec en même temps un contenu fort. On a d’autres projets encore, comme des documentaires.

Vous avez produit La Fête de la chanson française. Elle a la particularité de réunir beaucoup d’artistes et d’horizons très divers, de Charles Aznavour à Grand Corps Malade, en passant par Olivia Ruiz et Philippe Katerine. A-t-il été difficile de former ce plateau d’invités ?
J’ai la chance que ça soit la 3e édition donc les artistes et les maisons de disque connaissent maintenant l’émission. Je crois qu’ils ont vraiment envie d’en faire partie parce que c’est l’histoire du siècle à travers les chansons qui ont marqué nos mémoires. On a travaillé longtemps pour cette émission, au niveau de la lumière, de la salle notamment. Il y a 5000 personnes au total ; nous avons enregistré au Zénith de Paris. Les artistes ont l’impression de faire leur vrai métier, de chanter en public. Et le concept, de remonter le siècle en 4 heures, permet d’avoir une telle variété. D’habitude, on a soit les émissions branchées type Taratata, soit une émission de prime de samedi soir avec des valeurs sures ; là ça permet de faire les deux.

D’où vient cette idée de livre sur Françoise Dolto ?
Ma démarche a été de me concentrer exclusivement sur sa vie, pas du tout sur son oeuvre. Ce n’est pas un livre de psychanalyse. En revanche, c’est un livre sur quelqu’un qui s’est passionné pour l’être humain. Cette femme a traversé le siècle ; elle a eu très tôt la révélation de ce qu’elle voulait faire. Le livre s’appelle Françoise Dolto, la vie d’une femme libre. C’est à cette liberté que je me suis intéressée et à cette femme.

C’est votre 2e livre. En avez-vous d’autres en tête ?
J’aimerais bien écrire un roman. J’avais eu un projet que je n’ai pas mené encore, mais que je voudrais reprendre. Ce serait l’histoire de trois copines !

En dehors de la télé et de la littérature, avez-vous d’autres envies ? Internet par exemple ? Vous venez de créer votre site officiel ?
Oui, je me suis battue pour avoir un vrai site officiel, dont j’étais à l’initiative.
Je veux qu’on y trouve des choses inédites, comme une rubrique avec des vidéos. Elles seront prises avec mon portable au jour le jour et ça m’accompagnera dans ce que je fais. Internet m’intéresse énormément, tout comme la radio. C’est là que j’ai commencé d’ailleurs, à France Inter. J’aimerais bien en faire de nouveau. Il y a une décontraction qui y est très agréable. Il y a vraiment un message qui passe sans les fioritures autour. C’est très très direct.

Depuis votre « retour » et aussi la création de ce site Internet, on sent en vous une forte envie de communiquer ?
Oui. Je pense que l’année dernière il y a beaucoup de choses qui ont circulé et qui ne sont vraiment pas la réalité sur ce qui me concerne. J’ai envie d’avoir une relation plus directe avec les téléspectateurs.

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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /2007 10:50

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Court-Circuit est une émission de référence dans le milieu du court métrage. N’est ce pas compliqué d’imposer une nouvelle formule aux fidèles de l’émission ?
Je ne crois pas. Arte a constaté un effritement de l’audience donc cherche un peu à repositionner cette case là, en conservant l’esthétique, mais en essayant de gagner un nouveau public. La formule de départ, c’était de passer d’un magazine de fond à un magazine peut être un peu plus léger, présentant davantage le court métrage en train de se faire. Etre un peu plus vivant, plus accès sur les making off, sur l’artisanat du court métrage. Cela n’empêche pas de rester dans la ligne éditoriale précédente, exclusivement centrée sur le court métrage de création. On fera aussi des sujets sur les problématiques économiques par exemple.
L’autre sujet de réflexion lorsque l’appel d’offre a été lancé pour Court-Circuit, c’était comment réagir, domestiquer ce qui est en train de se passer avec les sites communautaires, les myspace. Comment essayer de rebondir sur ces nouveaux modes de diffusion en séduisant ces communautés dans un cadre éditorial plus ambitieux, moins anarchique ?
On ne cherche pas à privilégier la création numérique. Simplement, c’est vrai que toutes les chaînes se posent des questions en ce moment : Internet devient un mode de diffusion gratuit et beaucoup plus ouvert que le programme télévisuel figé. Donc la réflexion d’Arte pour ce qui est du court métrage, c’est de se dire : profitons du média Internet pour attirer ce public qui va chercher des courts métrages ou des créations de format court à droite-à gauche sur des sites gratuits, donc finalement s’adresser à un plus large public. C’est une manière de faire revenir les jeunes vers la télé via Internet, comme beaucoup de chaînes le font actuellement.
C’est donc simplement une petite métamorphose en profitant d’Internet et en changeant un petit peu d’équipe éditoriale.

Vous parlez d’une « petite métamorphose ». Le magazine va-t-il garder la même construction ?
On voulait changer l’habillage pour marquer un peu le changement, mais Arte ne l’a pas souhaité parce que ça fait partie d’une longue réflexion globale de la chaîne. La voix change mais c’est toujours une voix off qui fait les interludes et les lancements de sujet. Ensuite, les changements sont d’ordre éditorial : plus de making off, plus de portraits et puis surtout il y a la volonté de prendre un angle plus pédagogique, d’expliquer des choses techniques ou les pratiques artistiques. Il y aura deux rubriques phares pour ça : La Leçon, sur les techniques d’animation, et Le Truc, sur les outils et techniques du cinéma. Tout cela sera ensuite accessible sur Internet. Cela permettra d’approfondir ce qui était développé dans le sujet et de lui donner un côté interactif. Les internautes pourront aussi produire leur propre montage en ligne, à partir de rushes de réalisateurs connus, dans une rubrique appelée Final Cut. On va donc organiser un va et vient entre productions sur le site et à l’antenne. Tout sera fait dans un cadre légal. On reconnaîtra les droits des gens qui produisent sur Internet. Il ne s’agit pas d’avoir des choses à pas cher !

Pour chaque numéro, l’émission est produite 1 mois à l’avance. N’est ce pas dommage par rapport à l’actualité des festivals par exemple, comme celui de Clermont-Ferrand qui débute ces jours-ci ?
Tout à fait ! C’est là qu’Internet est très important. Pour des raisons techniques comme le traitement multilingue et le sous-titrage, Arte a besoin d’un mois de délai pour ses émissions. Ce qui nous empeche d’etre tres réactif à l’antenne. Donc grâce à Internet, on va pouvoir proposer d’autres reportages à chaud, des exclus.

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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 13:07
en partenariat avec www.imedias.biz

L'ancienne Madame Cinéma de Canal+ présente Jour de fête sur France 2, le magazine mensuel de cinéma dont elle a pris les rênes en mars dernier. Elle fait le point sur l'audience, le contenu et la programmation de l'émission.

Des rumeurs ont couru il y a quelques semaines disant que le numéro de Jour de fête de décembre serait peut être le dernier. Des rumeurs que vous vous êtes empressée de démentir…
Isabelle Giordano : Oui, je n'ai rien de plus à dire. L'émission continue, tranquillement. Les gens posent souvent cette question sur les émissions à cette période de l'année… C'est la ritournelle habituelle.

On l'a vu avec Comme au cinéma l'émission, présenter un magazine de cinéma sur France 2 relève du défi. Vous attendiez vous à de telles difficultés ?
J'ai toujours été habituée à avoir beaucoup de critiques. Je ne veux pas reprendre une vieille formule qui existe, mais je ne suis pas là pour plaire à tout le monde. Quand on fait une émission de cinéma, on sait que l'on déplait parce que le cinéma il n'y a rien de plus subjectif. Il y a des gens qui aiment ou qui n'aiment pas James Bond par exemple. Les gens ont toujours un avis à donner sur le cinéma et en plus les avis sont très très variés. Donc je sais que c'est loin d'être consensuel. Franchement moi je mène mon chemin de façon très tranquille. J'ai accepté effectivement de présenter cette nouvelle émission sur France 2. On m'a demandé d'avoir un objectif d'audience qui était au minimum entre 10 et 12 %. J'ai toujours été largement au-dessus de 12 % depuis le début. Voilà. Je suis vraiment très tranquille et très sereine. Je me moque totalement de l'audience et de ce qu'on pense de moi. J'essaye surtout de faire une émission qui soit intelligente, qui donne des clés, des décryptages sur le cinéma, sur ce qui sort, sur la raison des films car je pense que ça n'est jamais innocent quand il y a tel ou tel film à telle ou telle époque de l'année.

Pensez-vous avoir rehaussé l'image du magazine de cinéma façon France 2 ?
Ce n'est pas à moi de le dire mais j'ai l'impression que l'émission a quand même une bonne image. C'est-à-dire que le lobby du cinéma - qui est très puissant - apprécie parce qu'on a effectivement remis en place certaines choses. Ce n'est pas uniquement une émission de bandes-annonces ; il y a de la place pour le débat, l'information, le reportage. J'ai l'impression que le lobby s'y retrouve et surtout l'émission marche bien. La dernière a fait 13,7. C'est une émission qui peut continuer sa route sereinement. Je ne suis pas là non plus pour faire les scores de Cauet sur TF1. Si je devais faire ça, je ne ferais pas une émission de cinéma, je ferais des choses beaucoup plus spectaculaires. On sait comment faire quand on veut faire de l'audience. Il suffit de se mettre en robe légère, de faire du scandale, du tapage et là on est sur de marcher !!! Je connais la recette, mais je ne l'applique pas !

Ce problème récurrent d'audience n'est il pas tout simplement lié à la périodicité de l'émission ?
Oui, je le pense. Je l'ai toujours dit. C'est un obstacle à la fidélisation du public. Faire une émission une fois par mois, c'est déjà compliqué et elle n'est même pas inscrite dans le calendrier, c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire si elle est diffusée le premier ou le dernier mardi de chaque mois. Mais ça n'est pas mon affaire ; c'est celle des programmateurs. France 2 a décidé de la programmer de telle manière ; je pense que ça n'est pas du tout la bonne manière de faire monter l'audience et de fidéliser le public. Les gens ne sont parfois même pas au courant que l'émission passe à la télévision. Mais là c'est au delà de mes forces. J'essaye déjà de faire un bon programme ; je ne m'occupe pas de la programmation.

Pourquoi ne pas changer cela alors ?
Je crois qu'il y a vraiment un désamour. Les gens de la télévision utilisent les gens du cinéma, les stars, les acteurs pour les mettre dans toutes sortes d'émissions de divertissement. Mais dès qu'il s'agit de parler intelligemment du cinéma, il n'y a plus personne. Les émissions de cinéma ne sont pas très bien traitées. Ca peut bien sur être très divertissant ; c'est toujours agréable d'avoir Gad Elmaleh qui fait le pitre sur le plateau par exemple. Mais pour moi le cinéma c'est de l'information et quelque chose de sérieux. Les gens de télé ne pensent pas ça !
L'évolution que j'ai pu constater, c'est qu'on utilise de plus en plus les acteurs, notamment les comiques, dans les émissions de divertissement. A mon niveau, j'essaye d'instaurer un débat par mois sur le cinéma, que ce soit sur la présence des minorités dans le cinéma au moment d'Indigènes, le fait qu'il y ait peu de films politiques en France. Ce soir, je propose un débat sur la violence au cinéma : est ce que la commission de classification de censure est plus dure qu'elle ne l'a été à un moment. J'essaye juste de poser des questions comme ça, très simples et de créer du débat autour du cinéma.

Envisagez-vous par la suite de présenter l'émission en direct, comme cela avait été fait à une époque pour Comme au cinéma l'émission ?
Moi j'adorerais, mais ça n'est pas d'actualité. Le montage permet de faire un produit plus fini, on sélectionne le meilleur. C'est pour offrir un écrin à cette émission qui n'est que mensuelle et faire en sorte qu'elle soit comme un petit bijou.
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Jeudi 4 janvier 2007 4 04 /01 /2007 08:58
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L'ancienne Madame Cinéma de Canal+ présente Jour de fête sur France 2, le magazine mensuel de cinéma dont elle a pris les rênes en mars dernier. Elle fait le point sur l'audience, le contenu et la programmation de l'émission.

Des rumeurs ont couru il y a quelques semaines disant que le numéro de Jour de fête de décembre serait peut être le dernier. Des rumeurs que vous vous êtes empressée de démentir…
Isabelle Giordano : Oui, je n'ai rien de plus à dire. L'émission continue, tranquillement. Les gens posent souvent cette question sur les émissions à cette période de l'année… C'est la ritournelle habituelle.

On l'a vu avec Comme au cinéma l'émission, présenter un magazine de cinéma sur France 2 relève du défi. Vous attendiez vous à de telles difficultés ?
J'ai toujours été habituée à avoir beaucoup de critiques. Je ne veux pas reprendre une vieille formule qui existe, mais je ne suis pas là pour plaire à tout le monde. Quand on fait une émission de cinéma, on sait que l'on déplait parce que le cinéma il n'y a rien de plus subjectif. Il y a des gens qui aiment ou qui n'aiment pas James Bond par exemple. Les gens ont toujours un avis à donner sur le cinéma et en plus les avis sont très très variés. Donc je sais que c'est loin d'être consensuel. Franchement moi je mène mon chemin de façon très tranquille. J'ai accepté effectivement de présenter cette nouvelle émission sur France 2. On m'a demandé d'avoir un objectif d'audience qui était au minimum entre 10 et 12 %. J'ai toujours été largement au-dessus de 12 % depuis le début. Voilà. Je suis vraiment très tranquille et très sereine. Je me moque totalement de l'audience et de ce qu'on pense de moi. J'essaye surtout de faire une émission qui soit intelligente, qui donne des clés, des décryptages sur le cinéma, sur ce qui sort, sur la raison des films car je pense que ça n'est jamais innocent quand il y a tel ou tel film à telle ou telle époque de l'année.

Pensez-vous avoir rehaussé l'image du magazine de cinéma façon France 2 ?
Ce n'est pas à moi de le dire mais j'ai l'impression que l'émission a quand même une bonne image. C'est-à-dire que le lobby du cinéma - qui est très puissant - apprécie parce qu'on a effectivement remis en place certaines choses. Ce n'est pas uniquement une émission de bandes-annonces ; il y a de la place pour le débat, l'information, le reportage. J'ai l'impression que le lobby s'y retrouve et surtout l'émission marche bien. La dernière a fait 13,7. C'est une émission qui peut continuer sa route sereinement. Je ne suis pas là non plus pour faire les scores de Cauet sur TF1. Si je devais faire ça, je ne ferais pas une émission de cinéma, je ferais des choses beaucoup plus spectaculaires. On sait comment faire quand on veut faire de l'audience. Il suffit de se mettre en robe légère, de faire du scandale, du tapage et là on est sur de marcher !!! Je connais la recette, mais je ne l'applique pas !

Ce problème récurrent d'audience n'est il pas tout simplement lié à la périodicité de l'émission ?
Oui, je le pense. Je l'ai toujours dit. C'est un obstacle à la fidélisation du public. Faire une émission une fois par mois, c'est déjà compliqué et elle n'est même pas inscrite dans le calendrier, c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire si elle est diffusée le premier ou le dernier mardi de chaque mois. Mais ça n'est pas mon affaire ; c'est celle des programmateurs. France 2 a décidé de la programmer de telle manière ; je pense que ça n'est pas du tout la bonne manière de faire monter l'audience et de fidéliser le public. Les gens ne sont parfois même pas au courant que l'émission passe à la télévision. Mais là c'est au delà de mes forces. J'essaye déjà de faire un bon programme ; je ne m'occupe pas de la programmation.

Pourquoi ne pas changer cela alors ?
Je crois qu'il y a vraiment un désamour. Les gens de la télévision utilisent les gens du cinéma, les stars, les acteurs pour les mettre dans toutes sortes d'émissions de divertissement. Mais dès qu'il s'agit de parler intelligemment du cinéma, il n'y a plus personne. Les émissions de cinéma ne sont pas très bien traitées. Ca peut bien sur être très divertissant ; c'est toujours agréable d'avoir Gad Elmaleh qui fait le pitre sur le plateau par exemple. Mais pour moi le cinéma c'est de l'information et quelque chose de sérieux. Les gens de télé ne pensent pas ça !
L'évolution que j'ai pu constater, c'est qu'on utilise de plus en plus les acteurs, notamment les comiques, dans les émissions de divertissement. A mon niveau, j'essaye d'instaurer un débat par mois sur le cinéma, que ce soit sur la présence des minorités dans le cinéma au moment d'Indigènes, le fait qu'il y ait peu de films politiques en France. Ce soir, je propose un débat sur la violence au cinéma : est ce que la commission de classification de censure est plus dure qu'elle ne l'a été à un moment. J'essaye juste de poser des questions comme ça, très simples et de créer du débat autour du cinéma.

Envisagez-vous par la suite de présenter l'émission en direct, comme cela avait été fait à une époque pour Comme au cinéma l'émission ?
Moi j'adorerais, mais ça n'est pas d'actualité. Le montage permet de faire un produit plus fini, on sélectionne le meilleur. C'est pour offrir un écrin à cette émission qui n'est que mensuelle et faire en sorte qu'elle soit comme un petit bijou.
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