Lundi 27 novembre 2006
par Thomas Hawk
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en direct du Chili!

Eloge du sous-titrage

Tous les fans de ciné ont connu ça: la sortie entre amis où il faut des heures pour décider quel film on va aller voir. Bien souvent, les films en VO sont éliminés d’office. « C’est chiant, faut lire, on a pas le temps de voir les images », estiment la plupart de vos amis. En France, la VO n’attire généralement que les cinéphiles, ceux qui ne supportent pas de voir un film de Kitano ou de Wong-Kar-Wai doublé en français (dont je fais partie).

En Amérique latine, c’est autre chose. Dans les cinémas chiliens par exemple, la plupart des films étrangers sont sous-titrés. On trouve bien quelques salles avec des films doublés, mais c’est surtout pour les paresseux et les analphabètes. Et puis il faut dire que les doublages coûtent plus cher…

Pourquoi les Chiliens préfèrent-ils la VO au doublage? « Parce que la voix d’Orlando Bloom ou Christian Bale en espagnol, c’est insupportable! », estime Alvaro, étudiant en médecine. Sa copine Caro trouve un meilleur exemple: « Charlie et la chocolaterie » et « Pirates des Caraïbes ». « Dans les deux films, la voix de Johnny Depp est complètement différente. Qu’est-ce que ça donnerait avec un doublage? On perdrait une grande partie du jeu d’acteur », estime-t-elle.

Et depuis que les chaînes câblées nord-américaines sont diffusées du Mexique à la Patagonie, avec des milliers de films hollywoodiens sous-titrés, c’est tout le continent qui est habitué à la VO. « C’est comme ça que j’ai appris l’argot américain, les expressions vulgaires qu’on trouve jamais dans les livres de classe », rigole Caro. Cela dit, ça n’empêche pas les Sud-Américains d’être assez nuls en langues étrangères.

Claudia, par exemple, ne parle quasiment pas anglais. D’ailleurs, elle aime pas ça, et elle ne cherche pas à comprendre ce que disent les acteurs. Mais ça ne lui viendrait pas à l’idée une seconde de voir un film doublé en espagnol. Même si, parfois, elle trouve les sous-titrages ridicules: dans « History of violence », par exemple, même les gémissements du couple faisant l’amour sont traduits! Pourtant, le langage de l’amour est universel…
par tronche de cinoche publié dans : Cinéma con carne
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Mardi 21 novembre 2006
par Thomas Hawk
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en direct du Chili!

Interdit aux moins de...

A la télé chilienne, on ne rechigne pas, dans les téléséries du soir (après 22h) à montrer des couples faisant l’amour, un bout de sein par-ci par-là, parfois des poils pubiens, quelques fractions de seconde. Mais la société chilienne reste assez puritaine (pas de seins nus sur la plage, par exemple) et cherche à protéger les enfants. Parfois trop.

C’est flagrant quand on regarde les chaînes câblées, c’est-à-dire les chaînes du câble nord-américaines (HBO, Fox, Universal channnel...) qui sont diffusées du Mexique à la Patagonie. Par exemple, « Menteur, menteur » avec Jim Carrey, y est déconseillé aux moins de 14 ans sans la présence d’un adulte! (pour mémoire, c’est l’histoire d’un avocat menteur qui soudain ne peut plus prononcer un mensonge pendant 24 heures, parce que son fils de 5 ans lui a jeté un sort. Très dangereux et pervers pour un enfant de 13 ans, donc…) « Sleepy Hollow » de Tim Burton est carrément déconseillé aux moins de 18 ans… tout comme « Speed », « Gosford Park » de Robert Altman, « Le Talentueux M. Ripley », ou encore « Le flic de Beverly Hills », cette comédie policière avec Eddy Murphy. Non non, vous ne rêvez pas!

En revanche, certains films classés « pour adultes » sont programmés en début d’après-midi, cherchez l’erreur. En fait, c’est tout simple: les émissions et films sont programmés par les networks US en fonction de la classification US. Ensuite, dans chaque pays sud-américain qui reçoit le câble, l’équivalent local du CSA effectue sa propre classification (si j’ai bien compris). Mais sans pouvoir influer sur les horaires de diffusion, qui sont les mêmes pour toute l’Amérique du Sud. Donc on censure, on coupe les scènes chaudes et violentes, et voilà!

Rien à voir donc avec la libertaire France, où la mention « interdit au moins de 18 ans » imposée à des films comme « Romance » de Catherine Breillat ou « Baise-moi » de Virginie Despentes avait fait débat. Ici, ces films-là seraient carrément interdits d’antenne et interdits de sortie au ciné.
par tronche de cinoche publié dans : Cinéma con carne
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