de Im Sang-Soo, Corée du Sud, 2005
style : politiquement incorrect
L’histoire
1979, Corée du Sud. Le président Park Chung-hee, à la tête d’un régime proche de la dictature, s’apprête à vivre ses dernières 24h. La soirée s’annonçait festive pourtant : filles, alcool. Sauf qu’en coulisses des agents de la CIA coréenne ont décidé qu’il en était assez de lui.
Mon avis
Sexe, alcool et pouvoir. Le réalisateur Im Sang-Soo ne fait pas dans le consensus lorsqu’il raconte le dernier épisode de la vie de Park Chung-hee, qui a régné en Corée du Sud de 1962 à 1979. Ce film a crée une véritable polémique en Corée du Sud : le début du film a été coupé et des proches du défunt président ont tenté de le faire interdire. On peut difficilement faire un parallèle entre la Corée et la France, mais imaginez un seul instant qu’un réalisateur filme, par exemple, les dernières heures de Pierre Bérégovoy ou de ce dirigeant du FN (Poulet-Dachary) dont la mort est encore très suspecte. Bref, imaginez qu’un réalisateur s’attache à un épisode sensible de l’histoire de France et qu’il le décrive sans retenue. Voilà, c’est à ça que ressemble The President’s last bang. Un film qui ferait passer Le promeneur du Champs de Mars pour un nouveau volume de Martine, Martine à l’Elysée ! Je ne dis pas que le film de Guédiguian est gentillet ou irréaliste, mais le réalisateur n’aborde pas de front les polémiques que François Mitterrand a provoqué. En tout cas, il a le mérite de les évoquer en filigrane, mais là n’est pas le débat. The President’s last bang, qui a été sélectionné à la quinzaine des réalisateurs de Cannes 2005, est donc un véritable exercice de style. Im Sang-Soo, remarqué déjà pour Girls night out en 1998 et Une Femme coréenne entre autres, filme avec beaucoup de talent un épisode sanglant de l’histoire sud-coréenne : dans les scènes de violence, on pense à du Tarantino ; les travellings rappellent Scorsese. D’un point de vue esthétique, comme du point de vue historique, un film qui vaut le détour.
sortie du film : le 5 octobre 2005
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