Mardi 27 septembre 2005
de Eric Civanyan, France, 2005







L'histoire
Adapté d'Alfred de Musset, ce vaudeville nous fait suivre les aventures de Van Buck, un commerçant radin, qui, pour faire fortune, met au défi un cousin perdu de vue de séduire une riche et jolie célibataire, bonne à marier.

Mon avis
Une intrigue compliquée à résumer, mais c'est le propre de l'adaptation d'une pièce de théatre qui se veut riche en rebondissements et retournements de situation. Un film dans la pure tradition du vaudeville, avec de la cap et des épées (!), une belle princesse, un voyou malin et un radin vénal! Pas vraiment de surprises donc, mais le divertissement est bien là et disons-le franchement, c'est tout ce que l'on attend de ce genre de films. Dans son genre, c'est donc un bon film, un bon divertissement. Le rythme est enlevé, les bons mots fusent et les acteurs semblent prendre du plaisir, et c'est un plaisir communicatif. Les acteurs sont tous charmants. Melanie Doutey, remarquée dans La Fleur du mal de Chabrol, et plus récemment sur France 2 dans le feuilleton à succès Clara Sheller, prouve ici qu'elle excelle dans le rôle de la jolie intrépide.



A savoir
Premier film en solo pour le réalisateur Eric Civanyan. En réunissant un trio d'acteurs de choix, il réalise un joli coup d'essai. Pour l'anecdote, Melanie Doutey est la fille de l'acteur Alain Doutey qui avait tourné sous la houlette de Gérard Jugnot dans Pinot Simple Flic. Jugnot aura donc collaboré avec le père et la fille Doutey. Les premiers pas de Mélanie devant la caméra étaient devant celle de Jean-Charles Tachella (Les Gens qui s'aiment, 1998). Son père avait également tourné avec lui, 23 ans auparavant, dans le célèbre Cousin, Cousine.
Melanie Doutey a déja quelques films à son actif (Le Frère du guerrier de Pierre Jolivet), mais c'est surtout son rôle de femme libérée dans Clara Sheller qui l'a fait connaitre du grand public. Une actrice à suivre.


date de sortie : 28 septembre 2005



Rencontre avec Gérard Jugnot, qu'on ne présente plus, et Eric Civanyan, metteur en scène de théatre et réalisateur d'Il ne faut jurer de rien.


  


Pourquoi avoir réalisé cette histoire adaptée de Musset?
E.C. Moi ce que j'aime quand je vais au cinéma c'est voyager. Quand ça se passe dans un trois-pièces-cuisine, je suis un tout petit peu moins fan, mais quand on me fait voyager d'une façon ou d'une autre, j'adore. Et là vraiment j'ai voulu faire voyager, et dans le temps et dans l'histoire.


Comment s'est fait le choix des comédiens?
E.C. Ca me faisait plaisir de donner un rôle dans lequel Gérard Jugnot a à nouveau une vraie part de comédie. Pour Jean Dujardin, ça nous est venu après; j'avais envie d'avoir quelqu'un qui soit l'archétype d'un mec et qui soit mis en danger par une jeune femme. Je trouve ça formidable d'avoir quelqu'un qui soit un peu la séduction incarnée, mais qui va avoir beaucoup de mal à séduire dans le film. C'est peut être une petite vengeance de ma part! Je n'ai pas le physique de Jean Dujardin.


Gérard Jugnot, vous avez joué pour la première fois avec Jean Dujardin. Quelles ont été vos impressions?
G. J. Le temps passe donc je suis obligé de jouer avec des plus jeunes que moi! Ils sont ous morts les autres! Il y a chez Jean cette sympathie, cette simplicité qui ressemble un petit peu, s'il ne merde pas, à Bébel, Belmondo. Ce charme, cette drolerie, cette légèreté. Il adore jouer.


Vous retournez à un genre que vous connaissez bien, la comédie... mais en costume cette fois-ci...
G.J. J'adore changer de registre. J'ai passé l'age de faire des plans de carrière. J'ai envie de m'amuser; j'ai envie d'aller vers des choses qui me font plaisir. J'ai rencontré Eric Civanyan au théatre. Quand il m'a présenté son aventure qui n'était pas gagnée sur le terrain -faire un film en costume, ça coute cher!; il faut des carrosses, des décors-, c'était un plaisir. Là je reviens vers quelque chose de beaucoup plus truculent. J'aime le côté avare du personnage, mais il a derrière quelque chose, une félure.

C'est un plaisir pour vous de jouer en costume?
G.J. Le costume pour un acteur, c'est formidable. Ca vous aide à jouer, ça donne des postures.


*propos recueillis au cinéma UGC Saint Jean de Nancy, le 5 septembre 2005
par tronche de cinoche
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