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Mickeybo and me

Publié par tronche de cinoche sur 7 Mai 2005, 22:00pm

de Terry Loane, Irlande, 2005


 

 

genre : stand by me

 

L'histoire

L’Irlande du Nord, dans les années 70. Deux garçons de 10 ans à peine vont devenir amis, alors que le conflit qui déchire le pays aurait dû les séparer : l’un est catholique, l’autre est protestant. L’amitié restera la plus forte. Ce qui les unit, leur joie de vivre, leur regard d’enfant sur le monde qui les entoure et surtout… leur fascination pour Butch Cassidy et Billy le Kid ! Deux enfants qui veulent jouer aux grands, en copiant leurs idoles de cinéma, mais qui vont apprendre beaucoup au cours de leur parcours initiatique dans le monde des adultes.


Mon point de vue

Une histoire d’amitié entre deux personnes que tout sépare… Il y a un sentiment de déjà vu dans l’air quand on lit le synopsis de Mickeybo and me. Évidemment, les opposés qui s’attirent (jusqu’à l’amitié ou l’amour-passion) est un thème qui a été très régulièrement visité au cinéma, et dans tous les registres : dans le genre comédie franchouillarde, le duo Depardieu-Richard dans La Chèvre ou Ventura-Brel dans L’Emmerdeur ; dans le genre comédie dramatique, Rain Man ou encore Le Huitième jour ; plus subtils aussi, des drames comme Dead Man walking.
Bref, le défi est osé pour un premier film : comment innover avec une idée de départ très clichée… A moins que l’on ne voit cela comme de la facilité, du genre « ça marche à tous les coups… alors pourquoi pas moi ? ! »
Mais il serait injuste de juger Terry Loane ainsi : rien ne tend vers la facilité ou la pâle copie dans ce long métrage irlandais. Le réalisateur, qui n’a fait qu’un court avant de se lancer dans le long (Cluck en 1998), ne donne à aucun moment cette impression. Au contraire, on sent l’envie de vouloir bien faire, à tous les plans. Comme si le réalisateur avait fait LE film dont il avait toujours rêvé, et donc avec lequel il souhaite impressionner : le charme de la première œuvre dans laquelle on a mis toute sa dévotion. On ne peut en tout cas pas nier les efforts esthétiques au niveau de la mise en scène, du rythme, du montage et de la bande son (gorgée de musique irlandaise avec notamment l’inévitable Sinead O’ Connor).

Ce qui séduit avant tout dans ce film est la légèreté qu’il dégage, alors que les thèmes abordés sont durs (l’adultère, la violence, la mort). C’est la même légèreté qu’on trouvait dans le film allemand Goodbye Lenin par exemple : un dosage subtil entre la comédie et le drame, qui fait que l’on passe un moment de détente, tout en ressortant avec une amertume semblable à celle qui s’empare de nous après avoir regardé un film dramatique. Les éléments tragiques passent au second plan pour laisser la priorité à l’histoire d’amitié entre Mickeybo et John-Jo. On oublie presque parfois que l’histoire de départ est tragique (le conflit entre protestants et catholiques dans l’Irlande du Nord des années 70), tout comme dans Goodbye Lenin on en venait à oublier le contexte difficile de la chute du mur de Berlin. Goodbye Lenin est toutefois plus réussi de ce point de vue car Mickeyboo and me manque parfois un peu de consistance historique. On ne sait pas toujours si certains des faits sont avérés ou pure fiction.

La fraîcheur des acteurs est aussi pour beaucoup dans la réussite du film : Niall Wright et John-Jo McNeil sont impressionnant de sincérité. On ressent de la tendresse pour chacun d’eux, même si Mickeyboo incarne le jeune rebelle qui aurait parfois besoin d’être maté ! Tout comme on pouvait s’éprendre du jeune River Phoenix, en dur à fleur de peau, dans Stand by me. Il n’y a d’ailleurs pas que le personnage de Mickeybo qui fait penser au film de Rob Reiner, adapté d’une histoire de Stephen King : plusieurs thèmes comme la fuite vers un lointain plus attrayant ou la trouvaille d’un revolver chargé font beaucoup penser à Stand by me. Terry Loane ne s’en cache pas, tout comme il admet avoir apprécié et pris comme référence Billy Elliott de Stephen Daldry.

Que dire d’autre ? Que l’histoire que le film raconte est adaptée d’une pièce de théâtre sur laquelle Terry Loane a craqué : Mojo Mickeybo d’Owen McCafferty. Qu’il n’y a pas de vraies têtes d’affiche, même si on reconnaît quelques visages, comme celui de Gina McKee qui jouait dans Coup de foudre à Notting Hill ou de Julie Walters qui jouait dans Billy Elliott justement. Enfin espérer que le film connaîtra la même postérité que Billy Elliott.

 

 

Date de sortie non fixée en France

(sortie en mars 2005 au Royaume-Uni)

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