Retour sur l’affaire De l’encre à l’écran. Dans 3 mois aurait dû se tenir la 5e édition du festival de cinéma et de littérature de Tours. Or, c’est officiel depuis mi-novembre 2005
(j’en avais fait état à l’époque sur ce même blog), De l’encre à l’écran à Tours, c’est fini. Le comité d’administration du festival a décidé de jeter l’éponge. Le festival s’installera peut être
dans une autre ville à l’avenir, mais pour le moment rien d’officiel.
Alors pourquoi cet arrêt, alors que le festival commençait à peine à s’installer ? Cet arrêt a été peu ébruité, même à Tours. Seul le journal local s’en est fait le relais. Il y a eu de
petites brèves sinon dans les autres médias locaux. Et personnellement, je n’ai rien lu ou entendu au niveau national.
En fait, la mairie de Tours a décidé de ne plus subventionner le festival, qui a toujours été considéré comme trop élitiste et donc n’attirant pas assez de spectateurs.
Le problème, c’est aussi que le festival avait vraisemblablement du mal à attirer des professionnels (il existe un festival au concept similaire à Monaco et celui-ci jouit apparemment d’un plus
grand prestige).
Il faut ajouter à cela des problèmes financiers : le festival était déficitaire et coûtait cher à la ville.
Alors que penser de la disparition de ce festival à Tours ? C’est un grand sentiment de gâchis évidemment ! Même dans le domaine de la culture, on s’en réfère peut être un peu trop aux
chiffres… au détriment d’une certaine exception culturelle ! Car pour moi, comme pour d’autres sans doute, ce festival, ce sont quelques moments d’exception. S’il fallait les citer, je
parlerais de ces ciné-concerts, de ces films rares sélectionnés dans des thématiques de qualité, de ces avant-premières de choix et surtout de ces rencontres : mon rêve était de voir
Emmanuelle Béart « en vrai » (ça, c’est mon côté groupie !), c’est chose faite grâce au festival (malgré tout, on ne peut que regretter qu’elle n’y ai fait qu’un passage
éclair ! Elle est repartie presque aussi vite qu’elle est apparue !). J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer de nombreux cinéastes dans des conditions rêvées : Volker Schlondorff,
Charles Berling, Vincent Pérez, etc. L’occasion aussi de faire des rencontres insolites, comme cet échange que j’ai eu avec le parolier Jacques Lanzmann, venu épauler son fils.
Bref, un témoignage comme une bouteille à la mer… A ceux qui pensent sans même y avoir mis les pieds que ce festival était trop élitiste, c’est faux : je connais beaucoup de jeunes qui se
faisaient une joie chaque année à l’approche du festival et qui y participaient volontiers. Et puis soyons lucide, il faut un certain temps à un festival pour qu’il s’installe, surtout lorsque
l’on tente de s’inscrire dans une certaine mouvance. Celle de la qualité, de la pédagogie et du défrichage de talents. A bon entendeur !
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