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Depuis ses débuts, ce site s'attache à parler de cinéma et de sa médiatisation. Après Isabelle Giordano, j'ai eu le plaisir d'interviewer Daniela Lumbroso qui fait son come-back en prime-time demain soir sur France 2. Elle a accepté de parler de sa participation à Comme au cinéma.
Comment expliquez-vous que l’on vous ai beaucoup moins vue depuis quelques temps ?
Il y a eu plusieurs choses. D’abord, il y a eu une volonté de France 2 -avec une nouvelle équipe- d’installer de nouvelles émissions. Et donc il fallait forcément faire un peu de place dans les
émissions existantes et donc c’est tombé sur moi ! Ensuite, j’ai eu envie de me concentrer sur mes productions avec la boite de production que j’ai crée il y a 2 ans, Degel Prod. Et puis, il y a
un effet à retardement car j’apparais maintenant comme si j’avais vraiment disparu pendant 6 mois alors que mes contrats sont signés depuis longtemps ! Je travaille depuis le mois de septembre
sur des émissions qui vont apparaître maintenant à l’antenne. Donc tout se passe bien !
Vous dîtes « c’est tombé sur moi ». France 2 vous a délibérément mise à l’écart ?
C’est un peu l’inverse en fait ! D’après ce qui m’a été dit, ce n’était pas du tout dirigé contre moi. Il y a des gens qui ont vu leurs émissions supprimées comme Thierry Ardisson, Marc-Olivier
Fogiel pour des raisons qui leur étaient propres ; moi, on m’a dit que c’était plus une envie de nouveauté, mais qu’on réfléchissait en même temps à ce qu’on allait faire ensemble.
Avant de créer votre boite de production, vous aviez connu certaines difficultés vis-à-vis de France 2. Je pense en particulier à Comme au
cinéma où vous vous êtes sentie à l’étroit en terme de ligne éditoriale.
C’est exactement ça. J’ai passé 7 ans sur LCI où j’étais rédactrice en chef et je dirigeais le contenu de mes émissions. Quand je suis passée sur France 2, je suis devenue animatrice et donc ce
n’était pas moi qui choisissait ce qu’il y avait dans l’émission. J’ai travaillé longtemps avec des producteurs avec lesquels j’étais en harmonie, mais quand on se retrouve tout d’un coup
embringuée, comme c’était le cas effectivement avec le cinéma, dans une émission où finalement on n’est pas du tout en accord éditorialement parlant avec le contenu de l’émission, c’est très
difficile de la présenter et de la défendre. Avec ma boite de production, je voulais pouvoir apporter mes propres idées, mes propres envies dans les émissions que je présente. La Fête de la
chanson française, par exemple, c’est exactement l’émission dont je rêvais et que j’avais envie moi-même de voir en tant que spectatrice.
Avec le recul, y a-t-il certains projets que vous avez accepté que vous regrettez à présent ? Comme au cinéma par exemple ?
C’est vrai que le cinéma, c’était une erreur dans la mesure où il n’y avait pas de latitude et que le contenu du projet n’était pas bon. En même temps, le thème me plaisait, mais je ne pouvais
pas imaginer que ça se passerait comme ça. Je ne regrette pas ; il fallait le tenter. Mais non, il n’y a pas d’émission que je regrette vraiment, dont je ne sois pas fière. Je revoyais récemment
des émissions de Y’a un début à tout. Je trouve vraiment qu’on a été copié par énormément de talk-shows. On a été assez précurseur en fait. La même chose pour Les coulisses du pouvoir qui avait
vraiment des reportages de bonne qualité. Je trouve qu’au contraire -que ce soit avec mes productions ou avec d’autres producteurs-, on a toujours été plutôt dans les émissions qui ont lancé des
tendances.
Quelles sont vos envies actuellement ? Plutôt vers le divertissement comme avec La Fête de la chanson française ?
C’est toujours la même chose. Je fais à la fois du divertissement et beaucoup de culture. C’est vrai que je suis peut être une intello, mais une intello qui a des émotions, des frissons en
entendant de la musique et je vois pas en quoi c’est contradictoire. Je fais du divertissement car c’est encore quelque chose que j’aime. En même temps, je sors un livre par exemple, qui est une
biographie de Françoise Dolto. C’est un personnage qui m’a passionnée et c’est quelqu’un de très libre. Pour moi, c’est tout à fait complémentaire.
Vous avez donc besoin de cette complémentarité ?
Ca fait maintenant 15 ans que je fais ça, que je fais de la télé. Je crois qu’on ne peut pas tricher. On fait des choses qui nous ressemblent. C’est différent quand on débute. J’ai commencé en
présentant un jeu qui s’appelait Question de charme, alors que je n’étais pas téléspectatrice de jeux. Donc je ne l’ai fait qu’une seule fois. Au début, on peut faire un peu semblant. Après, on
ne peut plus. Ce que j’ai fait depuis maintenant 14 ans, ce ne sont que des choses qui font partie de moi.
Les projets avec votre boite de production vont donc refléter cette complémentarité ? Qu’avez-vous en préparation ?
J’ai encore des projets pour des émissions de variété sur France 2. J’ai un projet d’un magazine pour France 2 sur la nutrition car c’est un sujet qui m’intéressait énormément depuis quelques
années. J’ai aussi un projet en production pour une autre chaîne d’un magazine, plus du côté culture, sur le slam. Ce mélange de poésie et de rap est quelque chose que j’aime musicalement avec en
même temps un contenu fort. On a d’autres projets encore, comme des documentaires.
Vous avez produit La Fête de la chanson française. Elle a la particularité de réunir beaucoup d’artistes et d’horizons très divers, de
Charles Aznavour à Grand Corps Malade, en passant par Olivia Ruiz et Philippe Katerine. A-t-il été difficile de former ce plateau d’invités ?
J’ai la chance que ça soit la 3e édition donc les artistes et les maisons de disque connaissent maintenant l’émission. Je crois qu’ils ont vraiment envie d’en faire partie parce que c’est
l’histoire du siècle à travers les chansons qui ont marqué nos mémoires. On a travaillé longtemps pour cette émission, au niveau de la lumière, de la salle notamment. Il y a 5000 personnes au
total ; nous avons enregistré au Zénith de Paris. Les artistes ont l’impression de faire leur vrai métier, de chanter en public. Et le concept, de remonter le siècle en 4 heures, permet d’avoir
une telle variété. D’habitude, on a soit les émissions branchées type Taratata, soit une émission de prime de samedi soir avec des valeurs sures ; là ça permet de faire les deux.
D’où vient cette idée de livre sur Françoise Dolto ?
Ma démarche a été de me concentrer exclusivement sur sa vie, pas du tout sur son oeuvre. Ce n’est pas un livre de psychanalyse. En revanche, c’est un livre sur quelqu’un qui s’est passionné pour
l’être humain. Cette femme a traversé le siècle ; elle a eu très tôt la révélation de ce qu’elle voulait faire. Le livre s’appelle Françoise Dolto, la vie d’une femme libre. C’est à cette liberté
que je me suis intéressée et à cette femme.
C’est votre 2e livre. En avez-vous d’autres en tête ?
J’aimerais bien écrire un roman. J’avais eu un projet que je n’ai pas mené
encore, mais que je voudrais reprendre. Ce serait l’histoire de trois copines !
En dehors de la télé et de la littérature, avez-vous d’autres envies ? Internet par exemple ? Vous venez de créer votre site officiel
?
Oui, je me suis battue pour avoir un vrai site officiel, dont j’étais à l’initiative.
Je veux qu’on y trouve des choses inédites, comme une rubrique avec des vidéos. Elles seront prises avec mon portable au jour le jour et ça m’accompagnera dans ce que je fais. Internet
m’intéresse énormément, tout comme la radio. C’est là que j’ai commencé d’ailleurs, à France Inter. J’aimerais bien en faire de nouveau. Il y a une décontraction qui y est très agréable. Il y a
vraiment un message qui passe sans les fioritures autour. C’est très très direct.
Depuis votre « retour » et aussi la création de ce site Internet, on sent en vous une forte envie de communiquer ?
Oui. Je pense que l’année dernière il y a beaucoup de choses qui ont circulé et qui ne sont vraiment pas la réalité sur ce qui me concerne. J’ai envie d’avoir une relation plus directe avec les
téléspectateurs.



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