Non catégorisé

Dimanche 29 janvier 2006 7 29 /01 /2006 20:09

de Yves Caumon, France, 2006

 

avec Bernard Blancan, Lucia Sanchez, Antoine Chappey

 

durée : 1h31

 

 


 

style : pantomime


 
 
 

L’histoire

 

Un homme est exproprié de sa maison. Il décide de se réfugier au fond du puits situé dans le jardin de son ancienne propriété. De cet havre, il observe la vie des nouveaux propriétaires, une famille tranquille qui va voir son quotidien basculer à cause de cet homme étrange d’outre-tombe.

 


 

Mon avis

 

Un homme mutique qui joue à cache-cache avec ses nouveaux propriétaires… Cela méritait-il véritablement un long métrage ? L’idée du film est bonne et originale, elle est bien traitée (grâce à l’interprétation de Bernard Blancan), mais franchement le film est long, trop long : il aurait pu durer une demi-heure de moins, ça n’aurait rien changé et surtout il aurait été plus rythmé ! Plutôt un bon moyen métrage donc…

 

Je regrette de devoir faire cette critique car Yves Caumon est un cinéaste que je souhaite encourager. Je l’avais déjà fait à l’époque de son premier long, Amour d’enfance, en 2001. J’avais pris le parti d’en parler sur la radio où je travaillais à l’époque, alors que son film sortait face à des blockbusters qui allaient nécessairement faire que ce film passe inaperçu… Bref, Yves Caumon est un réalisateur que j’apprécie. Il est connu essentiellement pour avoir réalisé un certain nombre de courts et moyens métrages.

 

Ses deux premiers longs métrages ont le point commun d’être ancré dans la ruralité (Caumon est originaire du Sud-Ouest) : Amour d’enfance est un film simple, une bouffée d’air pur, qui raconte la quête d’un amour d’enfance perdu. Cache cache s’inspire du style de la pantomime : l’acteur ne parle pas, tout se passe dans son regard, sa gestuelle. On peut donc saluer la performance de l’acteur. On peut aussi signaler la mise en image du thème : le travail sur les couleurs, sur la répétition, etc. Et donc ce reproche qui ne doit pas faire que vous n’apportiez pas votre soutien à ce réalisateur : un film longuet, mais qui n’en perd pas son charme pour autant.

 


 

Pour info

 

Ce film a été présenté en avant-première au festival du cinéma de Vendôme, en présence du réalisateur, qui était président du jury du festival.

 

Il a également été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes, en 2005.


 
 
 

date de sortie : 1er février 2006

 

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Dimanche 22 janvier 2006 7 22 /01 /2006 20:15

de Laurent Cantet, France, 2006

avec Charlotte Rampling, Karen Young, Louise Portal 

durée : 1h55

 

 


 

style : politiquement incorrect

 

L’histoire

 

N’allez pas croire que les femmes cinquantenaires n’aiment pas le sexe ! Pour retrouver les émois de leur première fois, des femmes passent des vacances torrides sous les tropiques. Ce qu’on appelle autrement du tourisme sexuel. Ca se passe en Haiti, sous le soleil exactement : il fait beau, il fait chaud, sur la plage… et sur les sommiers. Ces femmes s’éprennent d’hommes couleur d’ébène, en âge d’être leur fils…

 
 

Mon avis

 

Quand je dis politiquement incorrect, c’est vraiment du politiquement incorrect ! C’est probablement la première fois que ce thème est abordé aussi frontalement au cinéma en France : comment des hommes se font gigolo pour se sortir de la misère. Au bonheur des dames ! Ces femmes pourraient être leurs mères, mais que voulez-vous, elles aiment la chair fraîche et musclée de ces éphèbes d’ébène…

 

Pour apprécier ce film, mieux vaut donc être prévenu du thème, au risque d’être un peu trop secoué par la teneur du propos. Reste que le sujet, aussi dérangeant soit-il, est traité avec la finesse et la maîtrise à laquelle Laurent Cantet nous a habitué. Après l’excellent Ressources humaines et L’Emploi du temps, le réalisateur nous propose à nouveau un cinéma-vérité, intelligent et bien traité. Seul reproche peut être : les quelques longueurs que compte le film. L’interprétation est impeccable, en particulier le jeune Legba et Charlotte Rampling, toujours aussi radieuse.

 

Pour info

 

Ce film a été présenté en avant-première au festival Premiers Plans d’Angers, en présence de Charlotte Rampling, pendant la cérémonie d’ouverture du festival.

 
 

date de sortie : 25 janvier 2006

 

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Lundi 16 janvier 2006 1 16 /01 /2006 12:14
Retour sur l’affaire De l’encre à l’écran. Dans 3 mois aurait dû se tenir la 5e édition du festival de cinéma et de littérature de Tours. Or, c’est officiel depuis mi-novembre 2005 (j’en avais fait état à l’époque sur ce même blog), De l’encre à l’écran à Tours, c’est fini. Le comité d’administration du festival a décidé de jeter l’éponge. Le festival s’installera peut être dans une autre ville à l’avenir, mais pour le moment rien d’officiel.
Alors pourquoi cet arrêt, alors que le festival commençait à peine à s’installer ? Cet arrêt a été peu ébruité, même à Tours. Seul le journal local s’en est fait le relais. Il y a eu de petites brèves sinon dans les autres médias locaux. Et personnellement, je n’ai rien lu ou entendu au niveau national.
En fait, la mairie de Tours a décidé de ne plus subventionner le festival, qui a toujours été considéré comme trop élitiste et donc n’attirant pas assez de spectateurs.
Le problème, c’est aussi que le festival avait vraisemblablement du mal à attirer des professionnels (il existe un festival au concept similaire à Monaco et celui-ci jouit apparemment d’un plus grand prestige).
Il faut ajouter à cela des problèmes financiers : le festival était déficitaire et coûtait cher à la ville.
Alors que penser de la disparition de ce festival à Tours ? C’est un grand sentiment de gâchis évidemment ! Même dans le domaine de la culture, on s’en réfère peut être un peu trop aux chiffres… au détriment d’une certaine exception culturelle ! Car pour moi, comme pour d’autres sans doute, ce festival, ce sont quelques moments d’exception. S’il fallait les citer, je parlerais de ces ciné-concerts, de ces films rares sélectionnés dans des thématiques de qualité, de ces avant-premières de choix et surtout de ces rencontres : mon rêve était de voir Emmanuelle Béart « en vrai » (ça, c’est mon côté groupie !), c’est chose faite grâce au festival (malgré tout, on ne peut que regretter qu’elle n’y ai fait qu’un passage éclair ! Elle est repartie presque aussi vite qu’elle est apparue !). J’ai aussi eu l’occasion de rencontrer de nombreux cinéastes dans des conditions rêvées : Volker Schlondorff, Charles Berling, Vincent Pérez, etc. L’occasion aussi de faire des rencontres insolites, comme cet échange que j’ai eu avec le parolier Jacques Lanzmann, venu épauler son fils.
Bref, un témoignage comme une bouteille à la mer… A ceux qui pensent sans même y avoir mis les pieds que ce festival était trop élitiste, c’est faux : je connais beaucoup de jeunes qui se faisaient une joie chaque année à l’approche du festival et qui y participaient volontiers. Et puis soyons lucide, il faut un certain temps à un festival pour qu’il s’installe, surtout lorsque l’on tente de s’inscrire dans une certaine mouvance. Celle de la qualité, de la pédagogie et du défrichage de talents. A bon entendeur !
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Samedi 14 janvier 2006 6 14 /01 /2006 00:00

de Tim Burton, États-Unis, 1985

avec Paul Reubens, Mark Holton

durée: 1h30

 

 

 

 

 

 

 

style: burtonesque

 

L’histoire

Un homme à l’âme d’enfant part à la recherche de son vélo qui a disparu. Commence une aventure qui l’emmènera entre autres chez des motards pas très accueillants au premier abord, ou dans des studios hollywoodiens. 

 

 

Mon avis

 

 

C’est le premier long métrage du réalisateur de Beetlejuice et Edward aux mains d’argent. On reconnaît déjà quelques thèmes chers au réalisateur (le syndrome Peter Pan par exemple, celui où l’on ne veut pas grandir) et le même type de personnages auxquels il nous a habitué. Il y a entre autres l’  « imbécile »-heureux de service, à l’âme d’enfant, et forcément attendrissant. Il y aussi les stéréotypes que le réalisateur aime montrer, comme la petite peste (en l’occurrence un garçon ici !), les motards… Tout ça pour mieux caricaturer notre société. Il y a aussi l’esthétique soignée, qui donne l’impression que l’on s’est replongé dans nos livres d’enfants. Bref, c’est du Burton ! Pas le meilleur, mais ça vaut le coup d’œil, ne serait-ce que pour mieux comprendre l’univers que Burton s’est construit à travers ses films.

 

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Lundi 9 janvier 2006 1 09 /01 /2006 15:53

de Rob Reiner, États-Unis, 1984

avec Rob Reiner, Michael Mc Kean, Patrick Mc Nee

durée: 1h22

 

 

 

 

 

 

style : rock n’ roll attitude

 

 

 

L’histoire

La fausse biographie d’un faux groupe de hard rock des années 80, sur le déclin.

   

Mon avis

Ce film, étonnamment peu connu en France, est un petit bijou. Il appartient à la catégorie des films qu’on appelle des documenteurs (ou mockumentary en anglais), c'est-à-dire que l’histoire est traitée à la manière d’un documentaire. Ici, Rob Reiner, le réalisateur de Quand Harry rencontre Sally, Stand by me et Misery (et à l'affiche actuellement avec La Rumeur court), se met donc en scène, dans la peau d’un faux journaliste qui suit la fausse tournée d’un faux groupe sur le déclin. Spinal Tap est au final une parodie des groupes qui pullulaient dans les années 80 avec tenues de scène kitsch à souhait, chansons aux textes ridicules. Le plus drôle est sans doute la peinture que fait le réalisateur de la « rock n’ roll attitude ». Les membres du groupe sont tous plus ridicules l’un que l’autre ! Pour résumer, une idée de départ extra, un humour complètement décalé, et une parodie tellement juste de la rock n’ roll attitude. Un film devenu culte !

 

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Lundi 9 janvier 2006 1 09 /01 /2006 15:39

de Takashi Miike, Japon, 2002

avec Ryo Ishibashi

durée : 1h55

 

 

style : amour à mort

 

 

L’histoire

Un homme veuf vit seul avec son fils depuis 7 ans, lorsqu’il se résout  à trouver une nouvelle femme pour mettre un terme à la morosité de sa vie. Pour trouver la femme idéale, il organise avec un collègue une audition de cinéma qui lui permettra subrepticement de trouver la femme de ses rêves.

 

Mon avis
Âmes sensibles s’abstenir ! Derrière la romance qui se profile avec cette intrigue se cache une histoire bien plus crue ! Ce film sentimental tourne vite à la boucherie, et c’est là la force d’Audition ! Le réalisateur fait s’entremêler deux genres de cinéma avec beaucoup de finesse et de maîtrise : bluette et horreur. Ce film met mal à l’aise et est même proche de l’insoutenable lorsque l’on se rapproche du dénouement. Le contraste des genres sert au mieux l’intrigue : la douceur et la douleur, l’art et l’âpreté, l’innocence et la violence. Un film comme je les aime car on y perd totalement ses repères, et simplement pour son originalité.

 

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Lundi 21 novembre 2005 1 21 /11 /2005 20:54

de Cameron Crowe, États-Unis, 2005

avec Orlando Bloom, Kirsten Dunst, Susan Sarandon

durée : 2h

 

 

 

 

style : meli-melo

 

 

L’histoire

Un jeune entrepreneur vient de faire couler sa boite après avoir une idée de génie qui n'en sera pas une du tout en realite! Sa vie va basculer, surtout lorsqu'il fait la rencontre d'une hotesse de l'air un peu collante...

 

Mon avis

Le réalisateur Cameron Crowe a une passion pour la musique qu’il sait faitre partager dans chacun de ses films, à travers la B.O. (Vanilla Sky, Singles, etc.) ou à travers l’histoire (celle de Presque célèbre est inspirée de sa propre adolescence, l’histoire d’un garçon qui suit son groupe préféré en tournée en tant que journaliste amateur).

Une bonne musique ne suffit malheureusement pas pour faire un bon film ! C’est tout ce que l’on peut sauver de Rencontres à Elisabethtown : le film est très long, trop long ; les acteurs mal choisis a mon gout (je n’ai vraiment pas accroché avec Kirsten Dunst) et l’histoire part dans tous les sens. Je n’ai pas compris ce que Cameron Crowe a tenté de raconter à travers ce film : est-ce une histoire d’amour naissante, est-ce la quête d’identité d’un homme qui vient de perdre son père ? C’est un mélange de tout ça, mais un mélange confus. Bref, j’ai été déçue par ce film, mais Cameron Crowe continue a faie partie des realisateurs que j'apprecie!

 

 

date de sortie : 2 novembre 2005

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Jeudi 3 novembre 2005 4 03 /11 /2005 00:00

de Woody Allen, États-Unis, 2005

avec Scarlett Johansson, Jonathan Rhys-Myers, Emily Mortimer

durée: 2h03

 

 

 

 

 

 

style : oh my gosh !

 

 

 

L’histoire

Chris est jeune, beau et a de l’ambition. Tout pour réussir ou presque. Débarqué de sa natale Irlande, il découvre Londres et sa bourgeoisie en devenant prof de tennis dans un club très BCBG. Il y fait la connaissance de Tom, puis de sa sœur et toute la famille, dont la fiancée de Tom… Commence alors une histoire où conventions, ascension et passion mènent le jeu. Jusqu’au point final, jusqu’à la balle de match.

 

 

 

Mon avis

Difficile de croire que Woody Allen est le réalisateur de Match Point. Ca ne ressemble à rien de déjà vu chez lui ; en tout cas rien d’évident. Et ce n’est pas pour me déplaire ! Le cinéma de Woody Allen a ses vertus, mais jusqu’à présent je n’avais jamais été totalement séduite par l’un de ses films. Avec Match Point, j’ai été épatée par la maîtrise que Woody Allen a de son sujet : il dépeint avec beaucoup de subtilité et d’ironie la bourgeoisie londonienne, un pan de la société britannique. Mais l’histoire, sans en dire plus pour ne pas trop dévoiler sur le film, recèle bien plus : elle sait nous surprendre quand on ne s’y attendait plus, quand on pouvait croire que Woody Allen tombait dans la facilité.

Le réalisateur fait se succéder des moments de comédie, de drame, de suspense, comme s’il voulait nous montrer l’étendue de son talent. Les acteurs y sont aussi pour beaucoup : Scarlett Johansson (Lost in translation) confirme son statut de jeune talent, Jonathan Rhys-Myers que l’on avait vu dans Joue là comme Beckham est très convaincant. Donc bien joué ! C’est réussi !

 

 

pour info, le film a été présenté hors compétition au festival de Cannes 2005

 

 

 

 

date de sortie : le 26 octobre 2005

 

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Samedi 8 octobre 2005 6 08 /10 /2005 00:00
de Stéphane Brizé, France, 2005





style: tango émotionnel


L'histoire
Un cinquantenaire, divorcé, lassé de son métier d'huissier de justice, décidé à faire plus d'exercice physique entreprend d'apprendre le tango. Il y fait la connaissance de Françoise, qui prépare son mariage.


Mon avis
C'est LA bonne surprise de la rentrée cinéma. N'allez surtout pas croire que ce film n'est qu'une N-ième comédie sentimentale pour les ménagères de moins de 50 ans! Ce film est une véritable réussite, un grand moment de cinéma comme on aimerait en voir plus souvent: beaucoup de sensibilité, d'émotion, et tellement de justesse. Grâce aux acteurs qui sont tous épatants, même les seconds rôles qui ont une certaine épaisseur; Anne Consigny, que j'ai découvert dans ce film, dégage vraiment quelque chose. Je suis restée scotchée à mon siège, submergée par l'émotion que dégage ce film. Tout se passe dans les non-dits, les silences et dans les beaux passges de tango. Stéphane Brizé est un jeune réalisateur prometteur (il a fait plusieurs court-métrages et un long, Le Bleu des villes, en 1999) qui sait mêler avec subtilité humour et émotion. Allez voir ce film et parlez en autour de vous. C'est malheureusement un beau film, d'auteur mais accessible, qui pourrait venir à disparaitre trop vite de l'affiche face à d'autres plus grandes sorties.


date de sortie: le 12 octobre 2005




Rencontre avec le réalisateur Stéphane Brizé et l'actrice Anne Consigny
Je ne suis pas là pour être aimé est le deuxième film de Stéphane Brizé,  après Le Bleu des villes.
Anne Consigny a joué récemment dans 36, quai des Orfèvres.


  


Pourquoi avez-vous de nouveau choisi un métier dit difficile, ingrat pour votre rôle principal? Il en était de même dans votre premier long métrage, Le Bleu des villes.
S.B. Huissier, c'est un métier difficile parce que l'on doit faire abstraction de ses sentiments. On doit être blindé pour ne pas avoir à faire aux émotions. Je trouve ça intéressant. Ca me touche les personnages qui tiennent la distance. J'ai affaire à des personnages qui ont des problèmes dans ce qui est de l'odre de l'affectif.

Pourquoi avoir choisi le tango comme fil conducteur du film?
S.B. Le tango n'est pas une danse désuète. Il y a énormément de bals. Le tango m'est venu très spontanément. J'ai pensé à ça car la mélancolie qui est associée au tango fait très largement écho à la mélancolie du personnage principal. Je psne que c'est une danse qui est pleine de sensualité et même de sexualité, mais il y a quelque chose de très élégant. Le personnage principal peut s'autoriser à aller vers cette danse parce qu'elle n'est pas trop "inquiétante". Elle est codifiée comme Jean-Claude, le personnage principal du film.


Où avez-vous puisé toute cette émotion, cette justesse et cette sensibilité?
S.B. Ma matière première, c'est mon histoire personnelle, c'est les réflexions que j'ai, ce que je ressens dans la vie. Et ensuite je projette dans les différents personnages à l'écran. Cette difficulté à communiquer avec les gens très proches, que l'on aime tellement... quand ça n'existe pas, c'est une douleur qutour de laquelle il est difficile de se construire, qui est un manque toute une vie. C'est effectivement quelque chose qui a marqué ma vie, comme elle a marqué plein plein de gens. C'est rare en fait que les choses soient exprimées en fait dans les familles à cause de la pudeur. Il y a de l'amour dans toutes les familles, mais il y a parfois peu de preuves d'amour, des mots qui ne sont pas dits. Ce que je trouvais émouvant, c'était de voir que Jean-Claude (Patrick Chesnais), quelqu'un de raide dans ses bottes, était toujours le fils, toujours un gamin: la douleur de l'enfant est toujours présente à 50 ans; il n'a rien réglé avec son père. La rencontre avec Françoise (Anne Consigny) va avoir des conséquences dans la relation avec son fils. Le père et le fils sont deux personnes qui se sont ratées. Jean-Claude n'a pas appris à aimer, n'a pas appris à être aimé.


Pourquoi ce titre?
S.B. Je pense que le titre peut s'adapter aux autres personnages: la secrétaire, le père de Jean-Claude, son fils... Ils ont du mal avec l'amour. C'est un titre qui a beaucoup partagé. Au moment de l'écriture, tout le monde avait un avis sur le titre: il était soit formidable soit suicidaire. Moi à l'arrivée, j'aime beaucoup ce titre et c'est première chose autour de laquelle je construis le film. J'ai besoin d'avoir le titre rapidement; ça me donne le sentiment de tenir mon sujet. C'est construit autour de cette problématique. J'écoute cette petite voix intérieure qui me fait venir des idées, des personnages; ensuite je construis dans le détail la psychologie des personnages, leurs rapports, leur évolution.

Anne Consigny, qu'est-ce qu'il y a de vous chez Françoise?
A.C. J'adore le personnage de Françoise. J'ai beaucoup d'admiration et de tendresse pour elle, donc je vais pas dire que je lui ressemble vachement! J'aimerais bien être comme elle: avoir cette dignité, cette abnégation, cette générosité et ce courage. Elle s'est donnée comme challenge d'etre fidèle aux autres; finalement c'est à elle qu'elle est attentive. Moi ça me touche beaucoup. Dans l'éducation que j'ai reçu et les gens de ma génération -j'ai grandi dans un milieu catholique pratiquant- on nous apprend beaucoup à être généreux mais surtout pas à être égoïste. J'aimerais bien pouvoir élever mes enfants dans cet esprit où l'on sait parfois être égoïste, penser à soi. On dit que quand on a un héros, on a quelque chose de lui en soi, donc disons que Françoise est mon héros et que j'ai quelque chose d'elle en moi!

Comment s'est faite la distribution du film?
S.B. Je n'écris pas en pensant à des acteurs car pour moi c'est très réducteur. Donc j'écris les personnages et ensuite je réfléchis à qui pourrait les interpréter. Il fallait quand même quelqu'un d'assez agé pour jouer le père de Jean-Claude. Il fallait aussi quelqu'un d'assez imposant qui puisse écraser Jean-Claude. Très vite, j'ai pensé à Georges Wilson. Il a d'abord refusé même s'il avait apprécié le scénario car il m'a dit "Le personnage du père de Jean-Claude, c'est moi! Donc c'est trop douloureux; je ne le ferais pas."

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* propos recueillis au cinéma Les Studio de Tours, le 7 octobre 2005
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Samedi 8 octobre 2005 6 08 /10 /2005 00:00
de Miranda July, Etats-Unis, 2005




style: trouvailles fantaisistes


L'histoire
Aux Etats-Unis, les destins croisés de quelques habitants d'une même ville. Leur point commun: un certain degré de bizarrerie et de fantaisie!


Mon avis
Un film choral comme le veut la formule à la mode... avec de multiples personnages déjantés. Miranda July nous fait découvrir un univers délirant, une ville paisible d'Amérique avec des personnages un peu timbrés. La réalisatrice, qui joue dans le premier rôle de son propre film, a une créativité impressionnante. Le film ne ressemble a rien de vraiment connu; peut être parfois à Ghost World. Un film qui a remporté de nombreux prix, sans doute parce que cette fantaisie donne un nouveau souffle au cinéma américain largement dominé par des blockbusters aux ficelles bien trop convenues.


date de sortie: 14 septembre 2005


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